By Mizaanoun • March 28th, 2005
Ce texte est un commentaire au sujet d’un article (L’anti-américanisme, maladie infantile de l’opposition démocratique tunisienne) de Me Kamel Ben Tahar CHaabouni paru le 25 mars 2005 sur tunisnews.
Encore une fois et on ne pense pas qu’elle soit la dernière, monsieur Chaabouni par ses balivernes et ses élucubrations les plus perverses se présente en tant que redresseur de tort et surtout apôtre de la sagesse dont l’opposition dans le pays et quelle que soit sa couleur en serait privée. L’autre jour tout en versant des larmes d’une douteuse nature sur l’arrestation arbitraire de maître Mohammed Abbou, il s’est attelé avec les mêmes clichés grotesques et avec la même dialectique obscène à faire une lecture des évènements et de l’histoire bourrée de falsifications, d’erreurs, de délires et d’hallucinations les plus stupéfiantes. Si de telles analyses étaient signées par un des nombreux tenants de l’autre bord, en l’occurrence par un américain, rien ne serait étonnant. Mais le plus dramatique, c’est qu’elles sont bel et bien l’œuvre d’un monsieur qui porte un nom loin de toute confusion hélas ! Il se disait touché par l’incarcération de maître Mohammed Abbou, mais en lisant le contenu de sa compassion, il en résulte presque une justification de l’arbitraire. Aujourd’hui il persiste et signe. Il justifie – au nom de son réalisme particulier – les faits accomplis, certainement les plus terrifiants.
Il a commencé son récent papier sous le titre « ’anti-américanisme, maladie infantile de l’opposition démocratique tunisienne » avec une référence à l’Evènement du 11-S, comme une espèce de présentation obligatoire de condoléances. D’ailleurs il a reproché ce manque de sensibilité à tout les peuples arabes qui dit-il ont applaudi le forfait monstrueux. En tout cas sur la question, ce monsieur n’a rien compris. Ça dépasse ses aptitudes et certainement encore de loin ses dispositions à comprendre ce qui se passe dans le monde. Je ne pense pas ici me mettre à lui expliquer – tel qu’il est fait – ce qu’il ne sera jamais en mesure de comprendre.
Comme un écran de fumée, il ne manque pas à tirer à boulets rouges sur le régime dictatorial qui règne dans le pays, mais ce n’est qu’un feu d’artifice pour distraire l’attention. Personne n’est dupe sur la nature abjecte du régime, mais de là passer à l’apologie de « l’Ogre », il faut avoir beaucoup de culot pour le faire. Comme si ce monsieur voulait nous livrer du petit diable pour nous confier à son propre créateur.
Ce monsieur, prétend que l’Administration américaine, celle actuelle, ou celle en général de tous les temps, ne serait que la bénédiction du Seigneur pour l’humanité. En cela il ratifie en effet ce que prétend George W. Bush en tant qu’illuminé. Et sans être exhaustif sur la nature oh combien spéciale de l’Administration américaine, des faits de l’histoire valent bien la peine d’être évoqués pour démystifier cette auréole que fait planer en permanence monsieur Chaabouni et aussi certains autres sur la tête de « l’Ogre » :
Ce qu’on appelle aujourd’hui les Etats-Unis d’Amérique ont commencé à se former à partir de l’arrivée sur ce continent des premiers fondamentalistes anglais vers la fin du quinzième ou début du seizième siècle. Et comme l’ont écrit tous les historiens de tous les temps, Noam Chomsky le reprend pratiquement dans toutes ses analyses, ces fanatiques anglais se sont mis à exterminer la population indigène. Par la suite l’ont suivi beaucoup d’autres et exterminèrent le reste. Ce n’était pas justement une bagatelle – comme l’écrit N.Chomsky, « il s’agit de millions de personnes. Ces gens savaient bien ce qu’ils faisaient. Ils ne se posaient aucune question sur ce qu’ils faisaient. Mais sont passés à présent des centaines d’années et l’extermination de la population indigène continue à n’avoir aucune place dans la conscience générale. » Par la suite ça sera le tour des noirs d’Afrique, de l’esclavage quoi. Léopold Senghor chiffrait le nombre à plus de deux cents millions dont la moitié auraient péris durant les traversées de l’Atlantique dans les lugubres soutes des navires des négriers. Cette question n’est pas non plus entrée dans la conscience générale. Sur les plus de quarante millions de misérables qui vivent dans les rues de villes américaines aujourd’hui, les quatre cinquièmes sont justement les descendants de ces noirs. L’extension des convoitises inassouvies passera au Continent Sud. Aucune population ne restera jamais plus à l’abri des dévastations américaines. Des populations entières ont été rasées de la face de la terre, souvent pour le simple « crime » de se trouver sur le chemin d’un gisement de pétrole ou d’une mine quelconque. Dans les annales criminelles les plus récentes de l’Administration américaine, on a l’embarras du choix. Du Honduras, au Nicaragua, au Salvador, au Brésil au Chili etc. derrière tous les dictateurs on trouve les mains de cette Administration. En ce moment même les agents de différents bureaux de terreurs américains sont en pleine activité avec les yeux braqués sur le Venezuela. Dans ce contexte spécifique de l’Amérique du Sud, pour la première fois un Tribunal International a condamné l’Administration américaine à la suite de la plainte déposée par le Nicaragua. Des dizaines de milliers de citoyens de ce pays ont été massacrés. Durant les années quatre vingt sous l’administration Carter et puis sous celle de Reagan, le pays a été dévasté. C’était un terrorisme massif. Du même genre qui s’est abattu sur le Guatemala, le Salvador et Honduras. Aucun pays au monde n’a été encore condamné pour terrorisme et usage de force illégale, seuls les Etats-Unis.
Après avoir dévalisé l’Afrique de ces forces humaines, ils reviendront par la suite pour subtiliser les richesses minières et autres du Continent tout en déchiquetant les peuples en milles morceaux. Il est vrai qu’en cela les ont précédés dans la besogne leurs ancêtres européens. La France, la Belgique, la Hollande, l’Italie et bien l’Angleterre. Deux pays dans le monde ont soutenu jusqu’à la dernière minute l’Apartheid en Afrique du Sud : Les Etats-Unis et le « Porte-avions fixe »en Palestine, comme l’écrit Emmanuel Todd dans son livre « Après l’Empire ». Et bien qu’officiellement l’Apartheid soit banni, il va falloir certainement encore plusieurs générations pour réellement le faire disparaître. Entre temps l’Administration maintient toujours sa présence dans cette partie du monde avec le même esprit prédateur.
Quant à l’Asie on retiendra particulièrement l’invasion du Vietnam et de tout le Sud Est asiatique dans les années soixante et jusqu’au milieu des années soixante dix. La terre du Vietnam a été littéralement brûlée par le napalm et toutes sortes d’armes strictement prohibées par les conventions de Genève. Certaines régions du Vietnam ne verront probablement plus voir l’herbe pousser de nouveau. Elles ont été arrosées de tous ce que l’industrie militaire américaine a été capable de produire comme matières toxiques des plus puissantes. De manière à tuer pratiquement la terre. Il s’agit de milliers de tonnes de ces matières hautement nocives qui ont été déversées sur ce pays et dont les séquelles vont perdurer. Au moment où monsieur Chaabouni, en tant qu’élève, écrit-il, recevait son bol de lait américain dans son école primaire en Tunisie, l’Administration américaine donnait l’ordre à ses mercenaires d’arroser les centaines de milliers de petits vietnamiens avec du Napalm. Enfin comme de tous les temps la duperie de l’Administration américaine consiste en l’image altruiste et hollywoodienne dans le but de masquer les plus terrifiants crimes et génocides.
Quand ce monsieur nous parle de l’intervention de l’Administration américaine dans les deux « Grandes Guerres », comme l’écrit l’écrivain mexicain Carlos Fuentes, il fait semblant ou il est incapable de distinguer les raisons réelles de ces interventions. D’abord les deux sont arrivées à la dernière minute. Celle de 14 -18 elle a eu lieu le 2 avril 1917. Et la guerre s’est terminée en 1918. Avec une mise de presque rien et de pertes insignifiantes à coté des autres belligérants, les Etats-Unis entrent en scène et raffolent des énormes dividendes. De 1918 jusqu’aux années 50 et même soixante, cette Administration était totalement aveugle sur la mainmise coloniale sur le reste de la planète. Quand les américains interviendront par la suite, c’est bien suivant des calculs méticuleux dont l’objectif n’était autre que prendre la place des anciens colons vu l’essoufflement de ces derniers après la deuxième Grande Guerre. On se souvient parfaitement de certains faits bien marquant en Afrique comme par exemple l’assassinat de Patrice Lumumba au Congo ou le refus de cette Administration d’apporter le moindre soutien à l’Egypte pour la construction du barrage d’Assouan, alors quelque temps plutôt elle était intervenue pour le respect de la légalité internationale en exigeant l’arrêt de l’agression tripartite contre l’Egypte à la suite de la nationalisation du Canal de Suez en 1956. Monsieur Chaabouni ou il ignore la nature du dévouement américain – que rien d’ailleurs dans l’histoire depuis son commencement jusqu’à nos jours ne laisse supposer – ou– pour une question ayant un rapport avec ses propres intérêts qui coïncideraient avec ceux des américains dans notre propre pays – il est partie prenante de cet énorme duperie. En tout cas ni l’une ni l’autre de ces raisons ne l’exempte de sa responsabilité à partir du moment où il se sent apte pour opiner.
Dans leur intervention dans la deuxième Grande Guerre, ils auront 300.000 pertes à côté des russes avec 20.000.000 et un total de entre 40 et 52 millions de morts. Ainsi ils prennent pied en Allemagne, en Italie, au Japon, en Corée du Sud etc. et ce jusqu’à nos jours. Quant au plan du général Marshall, ce n’est autre qu’un investissement des grandes entreprises américaines à la recherche de dividendes loin de tout caractère désintéressé et généreux que ce monsieur veuille bien le faire croire. On connaît la suite de ce plan. Dans la foulée la Société des Nations créée en 1918 deviendra l’Organisation des Nations Unies, une organisation logée en terre yankee subissant nolens volens l’influence de l’Administration américaine agit souvent pour les intérêts de celle-ci et rarement pour les intérêts de la cause réelle d’un quelconque peuple. D’où la confusion dans l’esprit de monsieur Chaabouni et ses semblables quand ils évoquent les temps du premier dictateur qui passait des heures et des heures à la radio et à la télévision du pays dissertant sur ses amitiés américaines et la soi-disant aide qu’il recevait de ceux-ci. Il parlait de John Foster Dulles ou d’autres noms de certains américains de l’Administration de l’époque comme s’il s’agissait de ses amis intimes en faisant croire au peuple que seul à lui et à ses amis américains qu’il doit sa « délivrance » du colon français. La lutte de tout un peuple durant des décennies avec tous ses convois de sacrifices et de martyrs n’avait aucune place dans l’histoire et encore moins dans l’esprit de ce dictateur qui traitait les combattants de « vulgaires fellaghas » ni dans celui de monsieur Chaabouni et la classe à laquelle il appartient.
Cette organisation accouchera de plusieurs autres dont bien entendu la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International. Ces deux dernières sont directement contrôlées par les américains et leurs alliés européens. Plus aucune économie nulle part dans le monde ne pourra plus fonctionner sans passer sous le contrôle direct de ces deux organismes. Ce qui va d’abord permettre aux compagnies américaines d’étendre leurs innombrables tentacules dans les économies européennes et par la suite dans toutes les économies du monde. Toujours avec les slogans les plus divers. Tantôt au nom de la liberté, tantôt au nom de la lutte contre le sous-développement, tantôt au nom du progrès etc. Aujourd’hui on en est au slogan de la démocratisation des pays arabes et musulmans ou de la lutte contre le terrorisme. Il n’est plus secret pour personne que grâce justement à deux organismes et quelque chose d’autre que l’Administration américaine extorque aujourd’hui plus de deux milliards de dollars par jour aux peuples de la planète afin que son système économique fonctionne. Le trésor américain doit plus de trois trillions de dollars à l’étranger. Et comme l’écrivait le « Financial Times » il n’y a pas longtemps, que si à la place des Etats-Unis, un autre pays était aussi endetté, ça ferait très longtemps qu’il aurait fait faillite. Et une telle dette va en croissance continue. On prévoit plus de sept cents milliards de dette supplémentaire pour l’année 2005 en cours. Evidemment tous ces créanciers du trésor américain et particulièrement les dictateurs et acolytes arabes qu’ils soient ceux du pétrole ou non, n’oseraient jamais demander la restitution de leur argent, car ils préfèrent se bercer dans l’illusion qu’un jour ou l’autre l’économie américaine sera en mesure de leur restituer leurs capitaux et aussi les dividendes. Et c’est bien pour cela que tous mafieux dans le monde arabe et musulman s’accrochent éperdument à l’Amérique de Bush, car la faillite de l’Amérique va bien de leur propre faillite aussi. Leurs dollars seront du jour au lendemain réduits en bouts de papiers sans la moindre valeur.
Venons en à présent au chapitre suivant, celui qui concerne le monde arabe et musulman. Ce monsieur Chaabouni, prétend que les tunisiens doivent fermer les yeux sur le reste du monde et de l’histoire pour ne se consacrer qu’aux intérêts de leur pays. Et selon ce monsieur les intérêts des tunisiens seraient justement dans une alliance avec les Etats-Unis et le Porte-avions ancré en Palestine. Enfin la logique même dans l’esprit morbide de ces créanciers dont il est question plus haut. Pour lui ça c’est du réalisme tout le reste n’est que démagogie. Faire des tunisiens – au nom d’une certaine démocratie étriquée – des alliés du premier et du deuxième tout en tournant le dos à son environnement vitale, équivaut à leur demander de se libérer de la dictature pour devenir purement et simplement des mercenaires :
Je pense que ce qui vient d’être écrit résume profondément et clairement le contenu du message – si d’un message il s’agit – de monsieur Chaabouni.
De la même manière sont à pied d’œuvre des personnages de la même espèce dans toutes les autres régions du monde arabe et musulman. Le temps dira quel est le qualificatif qui sied le mieux à ce genre de personnages.
Avant l’arrivée de Bush I à la Maison Blanche, et l’effondrement de l’Union Soviétique les écoles américaines de ce qu’on appelle le Think Tank étaient bien en pleines activités et recherches. Margaret Thatcher et Ronald Reagan avaient déjà tracé l’esquisse de la stratégie à suivre, autrement dit celle de la mondialisation. Ce n’est qu’avec l’entrée sur scène de Bush II et son équipe composée de néocons et de pro sionistes notoires que la stratégie va être mise en application. Même si d’aucuns avancent l’Évènement du 11-S comme à l’origine de ce qui va suivre, au fond il y a trois éléments sur lequel était déjà bien axée la nouvelle politique américaine ou ce que Condolezza Rice va appeler le Nouveau Siècle Américain (Américain New Century) à savoir, le contrôle des réserves de l’énergie, ce qui du même coup permet aussi le contrôle de la nouvelle Europe et sa nouvelle monnaie commune l’euro, un plus que redoutable adversaire du dollar qui en l’espace de deux ans a perdu 50% de sa valeur jusque là, le contrôle de l’expansion de la Chine et enfin la sécurité de l’Etat Porte-avions ancré en Palestine. Sur tous les tableaux ça va de la convenance de Bush et de Sharon. Et il n’est point étonnant que dans les papiers de monsieur Chaabouni, ces deux éléments vont toujours de pair. Donc l’invasion de l’Irak était bel et bien prévue, puisque indépendamment des sentiments de vengeance de Bush II, les réserves de pétrole dans cette région du monde arabe et musulman dépasseraient celles de la Péninsule Arabe, et si officiellement on parle de plus de 160 milliards de barils pour plus de 225 milliards de barils, il y a plusieurs experts irakiens et autres qui certifient une authentique mer de pétrole dans le sol irakien et que toutes les autres régions pétrolières autour ne seraient que les rivages de cette mer. Le pétrole arabe est d’une importance capitale pour le fonctionnement de l’économie mondiale et pour longtemps encore.
Vu l’histoire des Etats-Unis tout est possible. Jamais un mensonge n’était aussi grotesque et criminel comme celui inventé par cette administration américaine et particulièrement par les hommes de main tels que, Paul Wolfowitz le sioniste, Richard Pearl l’autre sioniste, Donald Rumsfeld, Condolezza Rice etc. Le mensonge des armes de destructions massives. Bon aujourd’hui, ils reconnaissent tous que ce n’était qu’un argument bureaucratique afin de déclencher le processus de l’invasion. Monsieur Chaabouni, ne semble pas être au courant de la destruction de tout un pays et non pas d’un régime. Car la machine américaine n’a pas détruit une dictature en Irak, mais elle a détruit tout un pays. En plus des millions de morts causés par l’embargo qui a duré plus de douze ans, la boucherie qui a été déclenchée le 20 mars 2003 a fait déjà plus de cent milles civils tués sans parler des militaires. Et en ce moment le pays est totalement dévasté et les américains et leurs complices irako américains sont en train de mettre sur pied un régime marionnette de la même nature que celui installé en Afghanistan. Hamid Karzai et la plupart de ses ministres ont la nationalité américaine. Monsieur Chaabouni ne se sentirait nullement offusqué par exemple qu’en Tunisie on aurait un président à la Karzai avec la nationalité américaine. Si telles sont, et, semblent bien l’être, les intentions de ce monsieur, la majorité écrasante des tunisiens préféreraient garder cet horrible dictateur, mais contrairement à ce que prétend monsieur Chaabouni le dictateur est bel et bien l’homme de l’Administration américaine et ne lui manquerait rien d’un Karzai sauf que les deux sont pour des raisons géographiques et autres légèrement différents, mais dans l’essentiel l’un comme l’autre servent parfaitement les intérêts de celle-ci. L’ambassadeur américain ne demanderait jamais au dictateur d’effacer une certaine présence de l’ancienne métropole coloniale.
De toute manière et pour mettre un terme final provisoire à ce chapitre concernant l’Administration américaine, vu tout ce qui a précédé et sachant parfaitement que la politique de cette Administration américaine n’est que le prolongement de la même politique de terreur contre les peuples depuis très longtemps, depuis sa propre naissance et jusqu’à nos jours, pour notre société actuelle le fait même de l’existence d’une ambassade américaine dans n’importe quelle capitale arabe ou musulmane représente inévitablement pour toute conscience vive un authentique cauchemar insupportable. Surtout après avoir assisté à ce déluge de feu et de bombes qui a détruit la vie sur une partie de notre terre suivi de ces scènes de tortures à mort de Abou Ghraib et ailleurs et rien n’indique que ça va cesser un jour, puisque la torture à mort est entrée dans le circuit économique de la civilisation américaine avec toutes ses transactions boursières millionnaires. Mais tel qu’il s’exprime monsieur Chaabouni, on voit qu’il est loin de s’émouvoir pour cela, le moindre du monde. De tels individus qui pensent de la sorte suivant leur logique de mercenaire, il est à parier qu’ils ne bougeraient pas le moindre du monde si par exemple des destructions pareilles toucheraient une région du pays ou un quartier quelconque pourvu qu’il ne soit pas le propre quartier où ils vivent. Enfin c’est la nature de leur monstrueux égoïsme. Un égoïsme qui est bien en vogue sur les ondes de cette mondialisation dirigée manu militari par la machine de guerre américaine.
Et en plus ce monsieur fait table rase de tous les sacrifices des peuples arabes et musulmans et particulièrement du peuple de Palestine dans sa lutte contre un ennemi féroce et prétend qu’il est du réalisme d’accepter le fait accompli et œuvre dans le même sens que le dictateur, qu’il fait semblant de haïr à mort, afin de voir le représentant d’un Sharon dans la capitale du pays. Enfin comme le nid de vipères de l’Administration américaine, ne semble pas lui suffire, il pense qu’il est de la real politique de voir des relations normales aussi s’établir avec des authentiques assassins. Il a cité des absurdités monstrueuses comme l’appel de l’ancien dictateur en 1965 à accepter le plan de partage de la Palestine. Or non seulement il n’y a aucune raison d’accepter un tel partage inique, mais qui est en mesure d’enlever de la tête de Ben Gourion ou de Golda Meir ou de tout un sioniste de l’époque ou d’aujourd’hui, l’idée qu’ils se sont toujours faite d’une domination totale des arabes et des musulmans et de l’étendu d’un territoire pour ce « Porte-avions » qui va au moins du Nil à l’Euphrate. Drôle de monsieur Chaabouni dans ses propres contradictions, car d’un côté il y voit dans l’auteur de ce fameux appel du génie et de l’autre un dictateur tout comme son successeur. En tout cas l’histoire a fini par trancher et le premier dictateur est mort tel un vulgaire personnage et son enterrement s’est fait presque en cachette et dans un désordre pathétique. Mais le plus insolent dans l’écrit de ce monsieur, c’est quand il parle de l’Espagne et considèrent aussi d’une légèreté stupéfiante que « les espagnols ont lutté pendant sept siècles pour se libérer des arabes ! ». Et de promettre aux arabes de lutter encore pendant autant de siècles ou plus pour récupérer la Palestine. Mais quelle ignorance ou plutôt quelle grossièreté. Ce n’est pas là le moment de parler de cet épisode de l’histoire, mais la présence musulmane en Espagne n’a aucune comparaison avec le contexte actuel. L’extension de l’Islam n’a rien à voir avec la colonisation pure et simple, car là où a pu arriver l’Islam à l’époque a vu des peuples embrasser la foi par millions, par centaines de millions et a vu prospérer des sociétés qui jusque là stagnaient dans l’ignorance. Les plus grandes réalisations de l’Islam ont profité à tous les peuples y compris à ceux qui ne se trouvaient pas nécessairement au sein de la communauté musulmane. Ce monsieur Chaabouni, a bien pris sa phrase de la bouche de l’ancien président du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, cet autre allié de Bush dans sa croisade actuelle, qui rumine encore sa défaite électorale du 14 mars 2004 et qui du pupitre de l’Université de Georges Town á Washington où il est devenu professeur de sciences politiques par la grâce de son ami Georges, il a vomi sa haine et son venin en s’adressant à son auditoire en ces termes : « Le terrorisme musulman, ne date pas d’aujourd’hui, il date de l’an 711 et nous, les espagnols nous avons lutté pendant plus de sept siècles pour ne pas devenir des musulmans ». Cette même expression que tout un chacun peut bien comprendre venant de la part de José Maria Aznar, mais quand elle reprise par l’un – supposé des nôtres – elle prend une signification toute autre. Elle tout un relent d’ingratitude pour le moins.
Enfin de compte monsieur Chaabouni – si vraiment un tel personnage existe réellement – il est bien l’avocat du Diable.
vendredi 4 septembre 2009
dimanche 14 juin 2009
POUR LE RETOUR A UNE SEXUALITE LIBRE EN TUNISIE !
Par Me Kamel Chaabouni
La sexualité des tunisiens, reste toujours entachée de zones d’ombre, de non-dit, de cachotteries, et surtout de tabous et d’hypocrisie. Le peuple et le gouvernement tunisiens refusent encore de regarder ce problème en face, de résoudre les problèmes, sociologiques, psychologiques, religieux, moraux et familiaux qu’il pose. Nous aborderons en trois paragraphes, les différents aspects de cette composante essentielle de la vie du citoyen tunisien et cette grande absente du débat social et politique. La sexualité est d’autant plus importante dans la vie de tout un chacun et dans la vie de la société, que sans sexualité, il n’y a ni nouvelles vies humaines, ni renouvellement des générations, ni nouveaux citoyens. Et, tout désir de procréation mis à part, le plus beau plaisir de la vie ! Une vérité de La Palisse, que malheureusement, tout le monde oublie !
1) La sexualité conventionnelle:
La sexualité, entre hommes et femmes, est pour les tunisiens, comme pour tous les Arabes, par ailleurs, la sexualité normale. Son but, à travers le plaisir, est la procréation et l’enfantement. Elle est normale certes, si nous l’analysons sur le plan de la procréation et non du point de vue du plaisir. La sexualité appelée normale est évidemment une source de nouvelles vies, d’enfants, et de renouvellement de générations. Mais la sexualité peut-être aussi, une partie de plaisir détachée de toute intention procréatrice. Dans ce cas la sexualité est source de jouissance sans plus, qu’elle soit hétérosexuelle, quand elle est pratiquée hors mariage ou homosexuelle. Doit-on l’appeler anormale, dans ces deux cas, avec toutes les conséquences sociales (discrimination, maltraitance, irrespect) et juridiques (infraction pénale, peine de prison) attachées à cette qualification ? On verra cela dans le second paragraphe.La sexualité socialement et juridiquement admise en Tunisie est celle pratiquée dans le cadre du mariage officiel dont le contrat est passé par devant notaire ou un officier d’état civil. Mais le mariage officiel a ses exigences, on ne se marie pas, en Tunisie, comme on achèterait un pain. Si les conditions juridiques du mariage sont, en droit tunisien, encore à la portée de tous les candidats, il n’en ai pas ainsi sur le plan des exigences sociales. le mariage nécessite de faire des économies d’une dizaine d’années. Il coûte au bas mot, dans les dix mille dinars. L’âge du mariage recule de plus en plus, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Celles-ci rechignent à convoler en noces dans l’espoir de terminer leurs études et de trouver un emploi, elles n’acceptent les demandes en mariage, que si elles ont atteint ces deux buts ou si……..elles ont échoué à les atteindre. Pour les hommes la réussite professionnelle est une condition impérative du mariage. Si, en effet, les femmes peuvent se marier, fonder une famille et avoir des enfants même dépourvues d’emploi, les hommes ne peuvent ni se marier ni fonder une famille ni avoir un progéniture, s’ils sont restés sans emploi. Le mariage est rendu encore plus difficile à concrétiser d’autant plus, que les préparatifs et les dépenses engendrés par ses différentes cérémonies et les exigences matérielles dépassent l’entendement à l’heure actuelle, (se fournir en meubles, en appareils électroménagers, dote en bijoux et en vêtements pour la mariée « zhaz », automobile, frais pour les différentes cérémonies du mariage, et voyage de noces, etc.). A cet égard et en comparaison avec les autres pays, la Tunisie est la moins exigeante socialement en conditions matérielles exigées pour concrétiser son mariage, à titre d’exemple, la dote de la mariée se négocie à 30.000 us $ en Syrie !
Théoriquement les jeunes tunisiens, garçons et filles, demeurent sans pratique sexuelle, depuis la puberté et jusqu’au mariage qui se situe en moyenne vers la trentaine, cela leurs fait, donc, de 15 à 20 ans de vie sans relations amoureuse plénières, sans aucune pratique sexuelle, surtout chez les filles. Si, en effet, les garçons peuvent se rabattre sur la masturbation ou les maisons clauses « bordels », qui continuent d’exister dans toutes les villes tunisiennes, et uniquement en Tunisie, que Bourguiba a eu l’intelligence de ne pas supprimer à l’Indépendance, comme l’ont fait, de façon démagogique, l’Algérie et le Maroc, il ne reste aux filles que la première pratique.
Dans la réalité des choses, il existe entre les hommes et les femmes, en Tunisie, des pratiques sexuelles hors mariages, qui restent toutefois, discrètes, non assumés, non publiquement déclarés et surtout vilipendées par l’opinion publique et sociale tunisienne. Ces pratiques sexuelles hors mariage, sont le lot des jeunes étudiants à l’Université, quelque soit leur origine régionale ou sociale. A l’Université, et surtout une fois dans les foyers universitaires, les jeunes échappent au contrôle familial et social de leurs villes d’origine. Beaucoup commencent, à ce moment là, à avoir leurs premiers rapports sexuels complets, dans les logements, que leurs amis étudiants plus anciens ont loué en ville et qu’ils leur prêtent à l’occasion. Une fois leurs études terminées ou interrompus, les jeunes continuent, au cours de leurs vie professionnelle, leurs pratiques sexuelles hors mariage avec leurs anciens camarades d’Université ou avec leurs nouveaux collègues mais de manière plus prudente, car durant les premières années de la vie professionnelle, les intentions des jeunes changent, et le mariage se profile à l’horizon. Les filles, surtout, essayent de renvoyer, d’elles-mêmes, une image idéale, de sérénité et de sérieux à leurs collègues masculins de travail qui sont leurs prétendants naturels. Elles font les difficiles, et ne s’adonnent plus aussi facilement à leurs pratiques sexuelles libres du temps de l’université. C’est au moment où elles finissent par séduire un prétendant, qu’elles songent à se refaire une virginité, si elles l’ont perdue dans un rapport hors mariage. Une annonce publiée, par une jeune tunisienne de 23 ans, sur un site Internet illustre bien cet état de fait, en voici le texte intégral:
« Cet annonce est destinée spécialement aux filles, c’est, particulièrement, un appel de détresse. Je suis une fille assez ordinaire. Je suis passée par une expérience choquante. Après 4 ans d’amour avec mon petit ami, nous avons fait l’amour...maintenant je ne suis plus vierge. Pour moi, c’est un grand problème. En fait, c’est un grand problème pour la plus part des filles, et ce n’est pas nouveau. Ce que je demande, et s’il vous plaît, sans aucun commentaire blessant, c’est de m’aider à trouver une solution. Mon petit ami commence à être embêtant, il ne m’aime plus et j’ai l’impression qu’il m’utilise, c’est tout. Alors, je pense rompre avec lui et recommencer ma vie de nouveau. Celles qui connaissent un docteur qui peut m’aider ou qui sont passées par une expérience semblable, elles peuvent m’écrire, c’est seulement pour aider et merci d’avance les filles, s’il vous plaît, évitez-moi les commentaires » (texte corrigé par nos soins pour une meilleure lisibilité).
Pour les plus jeunes, entre 15 et 20 ans, ces pratiques sexuelles « illicites » sont le fait de la classe aisée des quartiers huppés de la capitale principalement, Manazah, Menar, Mutuelleville, la Marsa, Cathage, etc. Dans les autres villes de Tunisie, cette tranche d’âge, est restée plus conservatrice. Ils ne commencent probablement à avoir des relations sexuelles, qu’à l’occasion de leur accès aux études universitaires ou de leur déplacement à Tunis ou à l’étranger pour des raisons professionnelles ou éducatives. Mais les filles restent, tout de même, plus conservatrices dans leurs pratiques essayant de garder leur virginité pour le mariage. Nous assistons, toutefois depuis quelques années, à l’apparition de la pratique de la reconstitution chirurgicale de la virginité. Après avoir eu des pratiques sexuelles complètes, au cours de leurs études après le bac et en début de leurs carrières professionnelles, certaines jeunes filles finissent par trouver l’âme sœur, et juste avant de convoler en noces passent chez un gynécologue. Cette pratique dénote de la valeur symbolique dont est encore revêtue la virginité, dans la société tunisienne.
2) La sexualité non conventionnelle, socialement ou juridiquement condamnable :
Dans cette catégorie, j’inclurai les pratiques homosexuelles, la pédophilie, les viols et la prostitution. Bien que condamnables moralement, socialement et juridiquement, ces pratiques existent, ont toujours existé, et existeront toujours, tant qu’existera l’espèce humaine sur terre. Personne ne pourra les réduire à néant. Aucune puissance publique ne pourra, les éliminer totalement, ni y mettre fin. Seule la limitation de leurs ampleurs est possible et faisable. Tout autre but, surtout celui consistant à les éradiquer totalement relève des fantasmes. C’est ce que les « islamistes » projettent de faire, mais ils ne feront que déplacer les problèmes, sans les résoudre totalement. La prostitution, la pédophilie et l’homosexualité, ont-ils disparu de l’Iran doté de la « Chariaa » depuis 1979 ? Les pays arabes du golfe, Arabie Saoudite, Emirats, Koweït, Bahreïn, etc. chantres de l’application de la « chari’a » ne sont-ils pas connus pour leurs pratiques, répandues à large échelle, de la pédophile et de l’homosexualité ?L’homosexualité, entre adultes est un problème qui les concerne, alors même que le Coran, l’opinion publique la condamne et la loi pénale la réprime. Sans vouloir imiter les pays occidentaux dans leur approche juridique et sociale de l’homosexualité, nous prônons sur ce plan la dépénalisation de la pratique homosexuelle entre adultes consentants. Cette pratique existe en Tunisie, et existera toujours, cela servirait à quoi de condamner pénalement des personnes qui s’y donnent, puisque une condamnation à la prison ne fera pas des homosexuels des hétérosexuels.
Toutefois il existe une homosexualité subie surtout dans les prisons. Dans les établissements pénitenciers, les condamnés à une peine privative de libertés sont de deux sortes les célibataires et les divorcés d’une part, et les mariés d’autre part. Ils vivent en détention dans des cellules à plusieurs dizaines de personnes, voir une centaine ou deux. La promiscuité les condamne à une nouvelle perception de leur corps et transforme leurs rapports au corps de l’autre. Les prisonniers sont deux sortes aussi les faibles physiquement et les forts. Privés de femmes évidemment, l’homosexualité est imposée ou s’impose à certains prisonniers en raison de l’isolement et de l’ennui qui règne en détention. C’est une vraie double peine qui frappe les prisonniers mariés et pénalise leurs femmes surtout ceux dont le mari est condamné à une lourde peine. Que doit-elle faire ? S’abstenir de tout rapport sexuel et attendre son mari des années durant ? Il n’est pas juste en effet, que la peine qui frappe son mari la touche aussi. Si certaines femmes de prisonniers sont patientes et attendent la libération de leur mari après avoir enduré de longues années de privations affective, sexuelle, familiale et financières, d’autres femmes ne se privent pas et se trouvent un amant généreux, pour les moins vertueuses. D’autres préfèrent divorcer afin de refaire leur vie. Les moins vertueuses tombent dans le gouffre de la prostitution clandestine ou officielle pratiquées dans les bordels.
La privation sexuelle qui touche la femme mariée dont le mari est incarcéré provoque ainsi la destruction de certaines familles, la prostitution, le divorce et le déchirement des enfants. Il nous semble urgent de mettre fin à ce drame de la privation des prisonniers hommes et femmes de leurs conjoints. La loi devrait leur permettre d’avoir, dans la dignité, c’est à dire dans des locaux spécialement aménagés, des rapports sexuels suffisamment fréquents afin de préserver les prisonniers mâles de l’homosexualité subies et contrainte et leurs conjoints de la prostitution et du divorce. Les prisonniers célibataires devraient se voir permettre de convoler en justes noces en prison. A défaut d’avoir une fiancée ; ils devraient avoir les faveurs de prostituées officielles, qui leur rendraient visite fréquemment en prison dans des locaux aménagés. L’atmosphère sera plus saine en prison et les rapports humains seraient dignes entre personnes du même sexe. Il ne faut surtout pas oublier que le prisonnier sera un jour libéré et remis dans la vie sociale, une fois sa peine terminée. Le préserver en prison de la perversion sexuelle, c’est préserver la société de son crime potentiel une fois libéré. Il serait insensé de jeter dans le corps social des individus détruits sexuellement et psychologiquement par la prison. D’autant plus que ces éléments peuvent trouver leurs victimes parmi des enfants en bas âge, les agresser et leur faire subir des actes pédophiles.
Le problème de la pédophilie est, en effet, le plus délicat des problèmes sexuels et représente un tabou des plus verrouillé. La presse tunisienne, et arabe en général, ne parle même pas des affaires criminelles qui passent en justice relatives à ce sujet. Les enfants ne sont pas sensibilisés aux dangers éventuels qui les guettent, ni mis en garde par les parents ou par les enseignants. Les enfants, sont la proie d’hommes adultes pervers qui font subir à leurs victimes des attouchements et autres actes d’ordre sexuels graves. Quelque soit la nature et le degré de ces actes, ils ne peuvent être qualifiés d’autre choses que de crimes, rien de moins, et poursuivis en tant que tels en justice. Ces actes peuvent consister en «caresses » de la part d’adultes sur les parties sensibles du corps de l’enfant. Les actes encore plus criminels sont le fait d’exposer son membre viril à la vue d’un enfant ou à lui demander de le toucher ou de le masturber, à lui demander ou lui imposer une fellation. Le summum du crime est le viol, proprement dit, la pénétration anale, bien que pour moi tout acte ayant une intention sexuelle et visant un enfant constitue aussi un viol de son corps, de sa conscience et de son innocence. Ces actes criminels sont indélébiles de la mémoire de l’enfant, ils le marqueront à jamais et affecteront sa personnalité à vie.
Ce sujet doit être pris sérieusement par l’Etat et les associations afin de limiter son ampleur et les dégâts qu’il provoque sur l’enfance. Tout acte même d’attouchement sur un enfant, dont l’intention est sexuelle, doit relever de la Cour d’assises. Le législateur, le parquet et les juges doivent être très fermes et sans pitié à ce sujet. Il faudrait envisager l’enfermement à vie et la castration chimique des criminels, dont la culpabilité a été définitivement prouvée.
Aujourd’hui, le silence sur la pédophilie en Tunisie doit être brisée, et tous les enfants victimes de ces actes ignobles doivent pouvoir poursuivre leurs agresseurs en justice, les adultes qui, dans leur enfance, ont été la proie de pédophiles doivent se rassembler dans une « Association pour la lutte contre la pédophilie et de soutien à ses victimes ». Ces personnes adultes ne doivent pas avoir honte du traumatisme qu’ils ont subi dans leur enfance et doivent venir au secours des centaines d’enfants victimes de ce fléau destructeur et criminel.
Quant à la prostitution, aucune loi, aucune répression ne pourra y mettre fin définitivement. La France coloniale l’avait organisé et canalisé dans des maisons clauses « bordels » ou « quartiers ». L’intelligent et pragmatique Bourguiba avait laissé subsisté ces lieux de commerce du sexe, à l’encontre de l’Algérie et du Maroc, dont les dirigeants démagogues, avaient supprimé l’existence mais qui se sont trouvés affrontés à une prostitution clandestine à grande échelle.
Le travail et la famille reste les piliers de la société. Il n’y a pas de famille équilibrée sans sexualité équilibrée ni travail régulier et permanent. Aujourd’hui le profil de la famille occidentale a radicalement changé, les familles se composent avec ou sans mariage, le divorce les détruit souvent (2/3 des couples divorcent en Ile-de-France). Les familles se recomposent avec des hommes, des femmes et des enfants rescapés d’autres divorces, ou restent brisées à vie !
En Tunisie, le profil de la famille a changé dans la taille mais pas dans la philosophie. Le mariage reste le pilier du lien légal entre hommes et femmes. A l’encontre des pays occidentaux à majorité et de culture chrétienne, la Tunisie, ne connaît et ne reconnaît de famille que suite à un mariage légalement contracté par devant notaire ou officier d’état civil. Toute vie commune entre un homme et une femme sans lien de mariage légal est réprimée par la loi pénale pour « mariage à l’encontre des usages légaux » et les « conjoints » de fait se voient condamnés à une peine de prison de 6 mois.
En Tunisie, donc, la loi réprime la sexualité en dehors du mariage et des maisons clauses « les bordels ». Les hôtels refusent leur accès aux couples non mariés tunisiens ou arabes, mais ségrégation oblige, mais reçoivent à bras ouverts les couples d’occidentaux dans une même chambre. Un homme ou une femme célibataire ne peuvent avoir officiellement de relations sexuelles de la sorte. Mais en pratique, si l’opinion publique tunisienne voit d’un bon œil les performances sexuelles masculines et ne les condamnent point, elle continue de vilipender la pratique sexuelle de filles hors mariage. Les jeunes filles ou les femmes qui osent avoir des rapports sexuels sans être légalement mariées sont traitées de pûtes, de « qahba » et de « malhat » ! Alors que les jeunes hommes le crient sur les toits, les jeunes filles cachent leurs aventures sexuelles et n’en distillent parcimonieusement la réalité qu’à leurs amies très intimes. Rares parmi elles, celles qui ne s’adonnent pas à la reconstitution de leur virginité par un gynécologue peu avant leur mariage ! Rappelons aussi que l’adultère, à l’encontre de la majorité des pays occidentaux, continue d’être un délit pénal, mais la loi tunisienne se veut pragmatique, encore grâce au génie de Bourguiba. Elle soumet les poursuites pénales au consentement du conjoint trahi. Celui-ci peut en effet, déclencher les poursuites, les suspendre, et même interrompre la peine de prison en demandant au juge de l’application des peines l’élargissement de son conjoint.
Ainsi va l’état de la sexualité en Tunisie, à l’instar de tous les autres pays arabes et musulmans, un « impensé dans la pensée musulmane » selon l’expression du Pr. Mohamed Arkou. L’Etat refuse de réfléchir à cette composante essentielle de la vie des citoyens, en demandant, par exemple, des rapports et des recommandations aux spécialistes ou en faisant faire des enquêtes et des études, le tout suivi de lois améliorant le vécu sexuel des tunisiens. De leur part, les citoyens frustrés et avides d’une vie sexuelle épanouie, bricolent, à travers répression pénale et tabous sociaux, de génération en génération, des solutions afin de résoudre les problèmes que pose ce phénomène. Le peu d’évolution qu’a connue la Tunisie d’aujourd’hui, est venu, bien sûr, à travers les réformes du code du statut personnel qui a amélioré le sort de la femme et a libéré son corps de la tutelle de l’homme.
Depuis un siècle environ les pays occidentaux de tradition, greco-judéo-chrétienne, ont commencé la mutation de leurs mœurs sexuelles. Le résultat, est une libération sexuelle totale, tout est permis dans les pays occidentaux avec des variantes plus ou moins libérales. La philosophie socialement acceptée et répandue est que chaque citoyen est totalement libre de disposer de son corps comme bon lui semble. Mise à part la pédophilie, à bon droit, sévèrement réprimée, tout est toléré, et non soumis à des poursuites pénales. Le concubinage, l’adultère, l’homosexualité, le mariage homosexuel, l’échangisme, la prostitution, le changement de sexe, dans les hôtels, l’identité n’est pas exigé pour louer une chambre avec une femme, etc. Les mœurs changent chez les occidentaux et le législateur suit, il ne s’oppose pas aux changement voulus et décidés, sur le plan des mœurs sexuelles, par la société, il les entérine. Seul tabou restant chez eux, qui reste puissant, en raison de sa corrélation avec l’Islam et les musulmans, me semble-t-il, la polygamie. Les hommes peuvent avoir des maîtresses, mais la loi ne suit pas, elle refuse de leur permettre d’être polygames.
L’évolution des mœurs sexuelles en Tunisie est évidente, visible, plus ou moins tolérée par la société, depuis un demi-siècle, mais le législateur ne l’entérine pas. Il refuse absolument d’aborder ce sujet, c’est le tabou des tabous sur le plan législatif et réglementaire. Seule la polygamie a été prohibée. L’adultère, le concubinage, l’homosexualité, les rapports sexuels hors mariage, restent des délits pénaux. Les hôtels tunisiens restent fermés aux couples de tunisiens non mariés. Au final, si l’on rajoutait les difficultés matérielles, financières et sociales du mariage cela donne un peuple frustré, doté d’un langage de plus en plus grossier à connotation sexuelle et blasphématoire. Les célibataires et les divorcés n’ont de choix qu’entre des rapports furtifs non assumés et culpabilisant pour les femmes, la prostitution ou la masturbation. Comment un peuple sexuellement réprimé de la sorte puisse-t-il avoir la joie de vivre et être performant sur le plan économique !
Les changements de mœurs qu’a connu la Tunisie, essentiellement depuis 1956, n’ont pas été entériné par le législateur qui a, par contre, avait aboli l’essentiel du droit musulman en matière de mariage et de divorce et l’avait remplacé par le droit français. Tout particulièrement le mariage est devenu monogamique et le divorce judiciaire. Avant cette date, les hommes pouvaient épouser jusqu’à quatre femmes et divorcer librement, sans aucune procédure judiciaire par devant notaire. Celui, assisté d’un assesseur, prenait acte de la volonté du mari de provoquer le divorce. La femme n’avait que l’unique choix d’accepter. Avant le XIX ème siècle, les tunisiens, se mariaient très jeunes, garçons et filles, vers 15 ans pour les garçons et dès la puberté pour les filles. Comme le permettait le droit musulman, auquel ils étaient soumis, d’après les rites hanéfite, malékite, chafiite et hanbalite, en plus de quatre femmes légales, ils avaient les faveurs sexuelles d’esclaves acquises, les « ‘louj » dont le marché se tenait à Bab el-‘olouj à Tunis, des esclaves en provenance du Caucase appréciées pour le teint clair de leur peau.
Il existait donc, en Tunisie, sous l’égide du droit musulman une vraie liberté sexuelle, mais canalisée et institutionnalisée par le fiqh musulman. Ce droit, était certes misogyne, conçu par les hommes et pour eux, mais la sexualité qu’il organisait, soit dans le cadre du mariage soit avec des esclaves, permettait l’épanouissement des individus. En somme une sexualité libérale dans un encadrée par un système juridique des plus permissif. Quand, en 1956, Habib Bourguiba devint Grand Vizir et en Juillet1957 Président de la République, il s’acharna contre le droit musulman, en raison de sa formation universitaire en France. Il institua le Code du Statut Personnel qui reprit l’essentiel du droit civil français, mais garda une synthèse réussie et intelligente du droit de la famille des différents rites musulmans en cours dans la Tunisie de l’époque. Les trois mesures phares que Bourguiba imposa étaient l’abolition de la polygamie et de la tutelle d’un quelconque mâle agna « ‘asib » sur la femme et l’institution du divorce judiciaire. Les hommes n’avaient plus aucune tutelle juridique sur leur femme, ils ne pouvaient plus se marier avec plus d’une femme avant d’avoir divorcé de la précédente et ne pouvaient plus divorcer par une simple déclaration auprès de deux notaires ! Si la tutelle juridique sur la femme est une mesure juste et adéquate, l’abolition de la polygamie est discutable, mais la mesure la plus catastrophique est la « judiciarisation » du divorce, c’est-à-dire la soumission du divorce à l’examen d’un juge qui le prononcera suite à une procédure judiciaire contradictoire mais fastidieuse. La sexualité libre, mais encadrée par le droit a pris ainsi fin avec le Code du Statut Personnel.
Aujourd’hui, les tunisiens paient les réformes législatives voulues et décidées par Bourguiba, bien que leur bilan soit plutôt positif en matière de famille et de sexualité, par des frustrations, des privation, de la répression, des sentiments de culpabilité et surtout beaucoup d’hypocrisie. Cet état des choses sur le plan familial et sexuel doit changer, il n’est plus tolérable ni acceptable. Une liberté sexuelle existait en Tunisie avant l’avènement du Code de Statut Personnel en 1956
LES SOLUTIONS PROPOSEES :
1) Séparer le principe même du divorce de ses conséquences en rétablissant le divorce non-judiciaire :
Actuellement, comme tout le monde le sait, le demandeur en divorce, homme ou femme, s’adresse au Tribunal de première instance afin d’obtenir un jugement le séparant de son conjoint. Le divorce peut être par consentement mutuel, pour faute du défendeur ou sur demande unilatérale. Seule la justice est habilitée, donc, à prononcer le divorce.
Le droit tunisien post-colonial de la famille, est une excellente synthèse entre le droit français et les différentes écoles de droit musulman. S’il reprend la procédure judiciaire française du divorce, il garde des éléments du droit musulman comme par exemple, le fait de ne pouvoir divorcer de ses femmes plus de trois fois successives. L’ex-épouse ne peut se remarier une quatrième fois avec son ex-mari, avant d’avoir épousé un autre homme et divorcé de lui. Les musulmans d’antan, appuyés par les jurisconsultes musulmans, détournaient cette règle par le recours au « tayyas ». Celui-ci mâle mineur ou énuque, se mariait avec la femme en question puis en divorçait afin de permettre à son ex-époux de convoler à nouveau en justes noces avec elle. Le droit tunisien moderne reprend aussi le délai de viduité, tel qu’il est énoncé explicitement dans le Coran, et que doit respecter une femme, avant de se remarier.
Antérieurement à 1956, nos parents et grands parents obtenaient le divorce en s’adressant à leur notaire, assisté d’un assesseur. Les deux notaires prenaient simplement acte de la volonté de l’époux de se séparer de son épouse. Le divorce est consigné sur un acte délivré à l’époux, et depuis l’organisation de la fonction notariale par les colons français, encore un aspect positif de la colonisation, il est consigné sur le registre appelé « brouillon » du notaire principal et ensuite sur le registre dit « propre » de chacun des notaires. Les trois registres, paraphés par le parquet d’avance, étant déposés au tribunal, une fois toutes leurs pages remplies.
L’avantage de la procédure non-judiciaire de nos grands pères, (rahmatou Allah ‘Alayhim), est la simplicité, la célérité et la souplesse. Le divorce est rapidement obtenu et l’homme peut se remarier le jour même. La femme ne pouvant demander le divorce que dans des cas très stricts. Par exemple, en cas, d’indigence de son mari, ou si celui-ci ne peut assurer son devoir conjugal (sexuel) avec elle. Certes, cette procédure est tout bénéfice pour l’homme et lèse gravement la femme par son caractère injuste et unilatéral.
Aujourd’hui par contre, le divorce est un parcours du combattant, un vrai calvaire, une procédure très longue qui prend entre deux et cinq ans devant les tribunaux. Avant le prononcé d’un jugement définitif en appel, les deux époux ne peuvent avoir aucun rapport sexuel avec quiconque. Tout rapport hors mariage, même avec une prostituée est qualifié d’adultère et poursuivi en tant que tel. Le rétablissement du divorce non-judiciaire, par devant notaires, qui prennent seulement acte de la volonté de l’un des conjoints, sur le même pied d’égalité, de provoquer le divorce est salutaire et éviterait de nombreux drames et permettra à l’un ou l’autre des conjoints, ou aux deux, de refaire leurs vies, rapidement, sans avoir à attendre la fin d’une procédure judiciaire longue, fastidieuse et épuisante. Mais, il faudrait permettre au conjoint qui désire divorcer, de revenir sur sa décision dans un délai raisonnable, par exemple trois mois. Le divorce ne devenant définitif qu’après ce délai. Quant aux conséquences juridiques du divorce, la procédure en référé s’appliquera pour la garde des enfants, la pension alimentaire, maintien dans le domicile familial, et de la ils doivent continuer de relever d’une procédure judiciaire normale devant le tribunal de grande instance.
2) Modifier la conception traditionnelle du mariage en en faisant, aussi, un cadre juridique pour des relations sexuelles précoces assumées et acceptées par la société :
L’idée traditionnelle, que se font les tunisiens aujourd’hui du mariage, est qu’il s’agit d’une institution dont le but est la fondation d’une famille et la procréation. C’est un événement majeur de la vie du tunisien, et des Arabes en général auquel on se prépare dès la fin de ses études ou de la formation, c’est à dire à partir de 25 ans pour les hommes et beaucoup plus tôt pour les filles. Celles-ci n’attendent, souvent pas, la fin de leurs études ou de leur formation pour accepter une demande en mariage. Toutefois, l’âge du mariage actuel en Tunisie est de 17 ans pour les filles et de 20 ans pour les garçons. Ceci est tardif par rapport à l’âge du mariage de nos ancêtres ou comparé à l’âge des premiers rapports sexuels chez les Occidentaux, qui ont lieu un ou deux ans après la puberté.
Mise à part la prostitution réglementée par l’Etat dans les maisons clauses, la sexualité des tunisiens reste sous haute surveillance, et par la société et par l’Etat. En théorie et en droit, elle se résume à cela : « pas de mariage, point de sexualité ! » Cette conception actuelle de la sexualité et du mariage à la tunisienne n’était pas celle de nos grands-parents et ne découle pas de notre culture arabo-musulmane ancestrale. Elle est de facture très récente, introduite par le Code du statut personnel voulu, décidé et imposé par le président H. Bourguiba.La conception bourguibienne du mariage et de la sexualité, a repris la vision très chrétienne de la famille et du divorce en particulier, qui ont inspiré le droit français, et l’a greffé sur la mentalité tunisienne arabo-musulmane caractérisée par sa rigueur dans la conception du corps féminin et sa morale sexuelle très stricte. Au lieu d’une seule rigueur, les tunisiens se sont vus imposés deux, celle du droit français, surtout en matière de divorce et celle de leur morale sexuelle héritée de leur tradition musulmane.
Si les Occidentaux ont évolué dans leur conception de la morale sexuelle et que leurs législateurs les ont suivi dans leur évolution, les tunisiens, mais aussi tous les Arabes, ont certes évolué dans leurs comportement sexuels, mais traînent encore comme des boulets, leur conceptions archaïques de la sexualité, du mariage et de la morale s’y attachant. Conception qui ne laisse aucune place aux aventures sexuelles hors mariage, ni à une forme de sexualité durable et stable pratiquée dans cadre d’un concubinage par exemple. Une morale qui continue d’exiger l’abstinence aux hommes et aux femmes l’abstinence avant le mariage et au cours du divorce et une loi qui sanctionne tout écart à cette règle !
En effet, et à partir, grosso modo, de la fin de la seconde guerre mondiale, les Occidentaux de culture chrétienne, (Américains du nord et du sud, Européens de l’est et de l’ouest en sus des Russes, des Australiens et des new-zélandais) ont changé leurs conceptions de la sexualité pour adopter une sexualité totalement libre. Ils l’ont ancré dans les mœurs et le droit en dépénalisant l’adultère, l’homosexualité, et en rendant licites, le concubinage et les rapports sexuels hors mariage entre adultes consentants. Mais les Arabes et les tunisiens sont restés statiques et conservateurs en la matière. Aucun pays arabe n’a modifié sa législation pour entériner les changements de comportements sexuels visibles pourtant à l’œil nu dans la société !
L’appel à une sexualité libre en Tunisie est un appel au retour aux sources de la société tunisienne et à l’histoire de la culture arabo-musulmane qui ne condamnait nullement les mariages multiples, les divorces faciles, car non soumis à une procédure judiciaire, quoique unilatéraux (répudiation) et au profit des seuls hommes et la possession de maîtresses ( ama / ima’). Nos aïeules jouissaient d’une liberté sexuelle, certes socialement canalisée et juridiquement encadrée par le droit musulman, mais il en jouissaient et en profitaient sans gêne, loin de la frustration et de la privation dont sont victimes les nouvelles générations au nom d’une morale rigoriste, alimentée par le courant islamiste, et d’un droit archaïque et répressif qui n’hésite pas à jeter des homosexuels en prison et interdire l’accès aux hôtels aux couples non mariés. Il est temps que les tunisiens et les Arabes en général jouissent d’une sexualité libre, moderne, décomplexée et pleinement assumée !
Me Kamel CHAABOUNI Paris le 24 juin 2008
dimanche 7 juin 2009
LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT BEN ALI
Monsieur le Président de la République tunisienne,
J’ai souvent critiqué le régime politique que vous dirigez de mains de fer depuis 17 ans. Mais aujourd’hui, à vous qui détenez entre vos mains la vie, la mort, la liberté, le sort et l’avenir de dix millions d’êtres humains je souhaite faire des propositions concrètes pour faire sortir notre pays du sous développement politique, car je ne doute pas de votre profonde sincérité et de votre amour pour notre Tunisie.
Dans votre manifeste du 7 Novembre 1987, vous aviez démontré votre bonne foi et vos intentions louables. En renversant Bourguiba, vous aviez sauvé d’une mort certaine des militants islamistes. Vous poursuivez l’oeuvre de développement économique et social entamé par le protectorat français et continué par Bourguiba. Vous aviez souhaité faire accéder la Tunisie à la démocratie et son peuple à la liberté, car vous aviez jugé que les tunisiens étaient dignes d’un régime politique évolué et démocratique.
Malheureusement, aujourd’hui, rien de ce que vous nous aviez promis sur le plan politique ne s’est réalisé. Les élections continuent d’être truquées, vous vous faites élire à 95%. La presse est muselée. La radiotélévision est encore le monopole de gens incultes à vos ordres. Les libertés publiques sont confisquées. Les droits de l’Homme sont complètement bafoués et la torture largement pratiquée par une police détestée. Les Tunisiens ne ressentent aucune fierté à appartenir à la Tunisie. Les citoyens se sentent méprisés par l’administration et la police qui leurs manquent de respect et piétinent leur dignité.
Nous sommes frustrés, Monsieur le Président, nous ne vous portons plus dans nos cœurs. Car nous avons été trahi, nos rêves de liberté sont brisés et nos vœux de démocratie se sont dissipés. D’autres pays, moins développés économiquement et socialement que la Tunisie ont fait leur mue démocratique, mais notre pays traîne, au peloton des Nations à régime despotique.
Je ne pense pas Monsieur le Président que vous êtes né méchant, que vous ayez des penchants sadiques, personne ne porte dans ses gênes le despotisme, la haine de ses concitoyens, l’amour du malheur des autres. Comme tout être humain vous avez vos défauts et vos qualités, vous n’êtes ni plus ni moins bon ou méchant que n’importe quel autre citoyen. Mais ce dont je suis sûr c’est que vous êtes intelligent et capables de réaliser des projets intelligents.
Monsieur le Président,
En restant à la tête d’un parti politique, le RCD, qui monopolise la vie politique depuis 1934, en refusant d’être le Président de tous les tunisiens en démissionnant de ce parti, vous en êtes devenu l’otage Monsieur le Président. Ce parti et ses apparatchiks vous empêchent de faire la moindre concession à la société civile. Vous êtes entouré de gens qui font semblant de vous aimer, de lécher vos bottes, d’être soumis à vos ordres, alors que se sont des profiteurs, des menteurs, des hypocrites, des arrivistes et des profiteurs. Ces courtisans aujourd’hui à vos pieds, n’hésiteront pas à se détourner de vous et à vous ignorer si vous quittez la scène politique. L’ancien premier ministre Mohamed Mzali, décrit ses déboires en la matière dans ses derniers mémoires. (Un premier ministre de Bourguiba témoigne, éd° Jean Picollec, Paris, 2004).
Le parti destourien, aujourd’hui le RCD, vous a transformé en 17 ans, Monsieur le Président. Vous n’êtes plus le Ben Ali de la déclaration du 7 Novembre. Les membres du RCD, en majorité illettrés, incultes, sans emplois ou arrivistes avaient et ont toujours des privilèges à sauvegarder et des ambitions à réaliser. Il leur fallait un homme qui soit dur, fort, impitoyable, autoritaire, sans miséricorde afin de maintenir leur dolce vita. Ils vous ont capturé à vous-même, il vous ont pris en otage Monsieur le Président et ont fait de vous un despote, un dictateur sans merci, afin de protéger leurs intérêts et passer sous silence leurs forfaits.
Mais vous êtes capable Monsieur le Président de refuser d’être la marionnette de cette classe de parasites, de ce clan d’hypocrites dont le seul motif de vie est d’assouvir leurs passions d’argent, de pouvoir et de privilèges. Vos courtisans ont tout à craindre d’un changement démocratique dans le pays, ils en tremblent, mais pas vous Monsieur le Président !!! Vous ne manquez ni de moyens, ni de courage, ni de savoir-faire, ni de futur partisans sincères et dévoués pour le faire. Seule la volonté politique vous manque Monsieur le Président. De quoi avez-vous peur Monsieur le Président si demain vous décidiez d’entamer un processus de démocratisation réel de la Tunisie ???
Prenez votre courage en mains Monsieur le Président, renvoyez les principaux opposants notoires au changement, débarrassez-vous de vos courtisans hypocrites et entamez dés demain un revirement démocratique réel et sincère. Vous verrez l’élan d’amour populaire vous entourer, l’adhésion de toutes les forces politiques à votre projet se confirmer. Mais pour atteindre cet objectif et mener à bon port votre et notre projet démocratique, permettez moi Monsieur le Président de vous proposer de suivre le plan politique suivant :
1) Etablir une charte de démocratisation de la Tunisie qui s’appliquera en dix ans, en collaboration avec tous les partis politiques, les associations, les syndicats et les personnalités du pays sans exclusive ni restrictions aucune. Cette charte constituera un contrat entre vous d’une part et la société civile et la Nation d’autre part. Vous vous y engagez à permettre une transition pacifique vers un régime démocratique total. En contre partie vous serez chargé de superviser le processus démocratique pendant dix ans en tant que Président de la République inamovible.
2) Faire voter une loi d’amnistie générale par la Chambre des députés permettant d’élargir tous les détenus politiques et d’opinions et frapper d’extinction toutes les actions publiques contre toute personne ayant commis une infraction dans l’exercice de ses fonctions d’agent de l’Etat, tout particulièrement les fonctionnaires de la police, jusqu’à la date susvisée. Personne ne sera inquiété de la sorte et aucune poursuite ne sera diligentée contre quiconque afin d’apaiser le climat social et faire régner la paix dans les esprits de tous.
3) Mettre en place une « Commission Vérité et Pardon » dont la mission est de recueillir les aveux des personnes ayant commis ou ordonné des violations des droits de l’Homme et d’écouter publiquement le témoignage des victimes depuis le 20 mars 1956. Cette commission qui conciliera la société civile avec l’Etat, établira la responsabilité civile des autorités publiques quant aux violations des droits de l’Homme et décidera du montant des dommages et intérêts à accorder au victimes ou à leurs ayant droits.
4) Amender le code pénal et le code de la presse afin de dépénaliser totalement les faits relatifs aux libertés publiques y compris la liberté d’expression, d’association, de manifestation ou de publication. Cette mesure permettra d’affranchir totalement les médias, y compris la radiotélévision de tout contrôle, et d’offrir la liberté absolue d’expression au peuple. A cet égard un quotidien financé par l’Etat sera mis à la disposition des citoyens pour leur permettre de s’exprimer en toute liberté.
5) Reléguer les infractions relatives à la diffamation à une Chambre civile spécialisée dans les conflits relatifs aux libertés publiques et individuelles près de chaque Tribunal de Grande Instance fonctionnant exclusivement selon le Code de procédure civile. Seul un contrôle judiciaire a posteriori sera exercé par la dite chambre à la demande de toute personne, y compris l’Etat, lésée par la liberté d’expression. La responsabilité de toute personne ayant usé et abusé de la liberté d’expression sera ainsi établie par une juridiction ad hoc et l’octroi éventuel de dommages et intérêts sera dissuasif contre tout abus en la matière. Toutefois, à titre dérogatoire et pendant dix ans, toute critique ou propos diffamatoire à votre encontre ou à l’encontre de votre famille proche seront pénalement sanctionnés.
6) Dissocier les fonctions de sécurité des autres fonctions civiles exercées actuellement par le Ministère de l’Intérieur en créant un Super Ministère de la Sécurité réunissant l’armée et la police en un seul corps. Au Ministère de l’Intérieur proprement dit seront dévolues la supervision des collectivités locales et toutes les questions relatives à la population et à l’aménagement du territoire. Les fonctionnaires du ministère de la Sécurité joueront le rôle de police en temps de paix et de militaires en temps de conflit armé. Vous doublerez ainsi, les capacités des forces de l’ordre public pour le bien du respect des libertés publiques et individuelles. Les manifestations publiques pourront ainsi être autorisées sans risques de dérapage ni de casse.
7) Vous garderez, Monsieur le Président, le contrôle des attributions du Ministère de la sécurité qui vous seront dévolus à titre exceptionnel et dérogatoire pendant dix ans afin garantir la consolidation du processus démocratique et le respect par tous du plan de démocratisation.
8) Respecter la séparation des pouvoirs et surtout l’indépendance de la justice et ce par la suppression pure et simple du Ministère de la Justice et l’attribution de ses compétences à un Haut Conseil de la Justice. Afin d’éviter un gouvernement des juges, il sera composé de personnalités désignées par les trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. Présidé par le Premier président de la Cour de Cassation, le Haut Conseil de la Justice assurera l’administration de la Justice et la discipline des magistrats. Il sera doté d’un budget propre voté par le Parlement et géré par le Haut Conseil de la Justice lui-même. Il aura à sa disposition exclusive le commandement de la police judiciaire. L’interrogatoire des suspects échappera ainsi totalement aux forces de l’ordre ordinaires dont la mission sera la seule constatation des infractions à la loi.
9) Promulguer un Code d’honneur et de déontologie régulant les rapports entre les forces de l’ordre et les citoyens afin de rééduquer dans le sens du respect des droits de l’Homme et de sensibiliser à la démocratie les agents de la paix et leurs faire prendre conscience de leurs devoirs de réserve e t de neutralité dans l’exercice de leur fonctions.. Largement diffusé parmi les forces de l’ordre et la population, ce code constituera un pilier pour la démocratie afin de mettre fin aux abus de la police et de la gendarmerie.
10) Enfin, et après avoir accompli les étapes précédentes, dissoudre le Parlement actuel et appeler les tunisiens à élire une assemblée constituante, dans un délai d’un an, chargée de rédiger une nouvelle constitution démocratique. Cette assemblée, qui ouvrira une nouvelle ère dans l’histoire de la Tunisie, sera appelée à choisir entre l’instauration d’une monarchie constitutionnelle, parlementaire et démocratique sur le modèle britannique ou espagnol ou bien l’établissement d’une deuxième République à régime parlementaire sur le modèle allemand. Le régent ou le président de la République jouant un rôle protocolaire et honorifique et le premier ministre chef de la majorité parlementaire sera le chef du gouvernement élu par le Parlement, doté des pleins pouvoirs politiques. Vous vous allégerez ainsi, Monsieur le Président, de tous le poids de la politique politicienne, quotidienne, sociale, économique et étrangère, au profit du chef du gouvernement et vous concentrerez toute votre énergie à superviser le processus démocratique qui commencera par des élections législatives réellement libres qui auront lieu un an après la rédaction de la nouvelle constitution.
Monsieur le Président,
Nous savons tous que des forces hostiles à tout changement démocratique, vous entourent, parmi votre famille la plus proche mais aussi parmi les membres influents du RCD et dans les différentes instances de l’Etat. Mais vous êtes capable Monsieur l e Président, de venir à bout de cette résistance réactionnaire. Vous êtes à la hauteur d’abattre les profiteurs, les arrivistes, les hypocrites et les béni oui-oui de tout genre qui ne se soucient que de leur intérêts personnels et pour qui la Tunisie n’est qu’un fonds de commerce sans plus.
En comptant sur votre expérience, sur votre de caractère d’acier, sur votre volonté politique et sur votre détermination inébranlable à vaincre les résistances anti-démocratiques vous remporterez un grand succès. En vous appuyant sur les forces démocratiques réelles et sincères qui n’hésiteront pas à vous apporter leurs soutiens et n’épargneront pas leurs efforts pour vous aider dans cette tache historique de démocratisation de la Tunisie, vous réussirez Monsieur le Président !!! Les forces réactionnaires anti-démocratiques sont des tigres en papier, ne les craignez pas. Nous sommes avec vous si, et seulement si, vous entamez un processus de démocratisation devenu aujourd’hui inéluctable et une fatalité historique. Inscrivez votre nom en lettres d’or sur les annales de l’Histoire de la Tunisie. Passez par un arc de triomphe Monsieur le Président avant de quitter la scène politique dans 15 ans et non par une porte dérobée comme l’a malheureusement fait votre prédécesseur Bourguiba !!!
Me Kamel Ben Tahar CHAABOUNI
Le 16/03/2005
J’ai souvent critiqué le régime politique que vous dirigez de mains de fer depuis 17 ans. Mais aujourd’hui, à vous qui détenez entre vos mains la vie, la mort, la liberté, le sort et l’avenir de dix millions d’êtres humains je souhaite faire des propositions concrètes pour faire sortir notre pays du sous développement politique, car je ne doute pas de votre profonde sincérité et de votre amour pour notre Tunisie.
Dans votre manifeste du 7 Novembre 1987, vous aviez démontré votre bonne foi et vos intentions louables. En renversant Bourguiba, vous aviez sauvé d’une mort certaine des militants islamistes. Vous poursuivez l’oeuvre de développement économique et social entamé par le protectorat français et continué par Bourguiba. Vous aviez souhaité faire accéder la Tunisie à la démocratie et son peuple à la liberté, car vous aviez jugé que les tunisiens étaient dignes d’un régime politique évolué et démocratique.
Malheureusement, aujourd’hui, rien de ce que vous nous aviez promis sur le plan politique ne s’est réalisé. Les élections continuent d’être truquées, vous vous faites élire à 95%. La presse est muselée. La radiotélévision est encore le monopole de gens incultes à vos ordres. Les libertés publiques sont confisquées. Les droits de l’Homme sont complètement bafoués et la torture largement pratiquée par une police détestée. Les Tunisiens ne ressentent aucune fierté à appartenir à la Tunisie. Les citoyens se sentent méprisés par l’administration et la police qui leurs manquent de respect et piétinent leur dignité.
Nous sommes frustrés, Monsieur le Président, nous ne vous portons plus dans nos cœurs. Car nous avons été trahi, nos rêves de liberté sont brisés et nos vœux de démocratie se sont dissipés. D’autres pays, moins développés économiquement et socialement que la Tunisie ont fait leur mue démocratique, mais notre pays traîne, au peloton des Nations à régime despotique.
Je ne pense pas Monsieur le Président que vous êtes né méchant, que vous ayez des penchants sadiques, personne ne porte dans ses gênes le despotisme, la haine de ses concitoyens, l’amour du malheur des autres. Comme tout être humain vous avez vos défauts et vos qualités, vous n’êtes ni plus ni moins bon ou méchant que n’importe quel autre citoyen. Mais ce dont je suis sûr c’est que vous êtes intelligent et capables de réaliser des projets intelligents.
Monsieur le Président,
En restant à la tête d’un parti politique, le RCD, qui monopolise la vie politique depuis 1934, en refusant d’être le Président de tous les tunisiens en démissionnant de ce parti, vous en êtes devenu l’otage Monsieur le Président. Ce parti et ses apparatchiks vous empêchent de faire la moindre concession à la société civile. Vous êtes entouré de gens qui font semblant de vous aimer, de lécher vos bottes, d’être soumis à vos ordres, alors que se sont des profiteurs, des menteurs, des hypocrites, des arrivistes et des profiteurs. Ces courtisans aujourd’hui à vos pieds, n’hésiteront pas à se détourner de vous et à vous ignorer si vous quittez la scène politique. L’ancien premier ministre Mohamed Mzali, décrit ses déboires en la matière dans ses derniers mémoires. (Un premier ministre de Bourguiba témoigne, éd° Jean Picollec, Paris, 2004).
Le parti destourien, aujourd’hui le RCD, vous a transformé en 17 ans, Monsieur le Président. Vous n’êtes plus le Ben Ali de la déclaration du 7 Novembre. Les membres du RCD, en majorité illettrés, incultes, sans emplois ou arrivistes avaient et ont toujours des privilèges à sauvegarder et des ambitions à réaliser. Il leur fallait un homme qui soit dur, fort, impitoyable, autoritaire, sans miséricorde afin de maintenir leur dolce vita. Ils vous ont capturé à vous-même, il vous ont pris en otage Monsieur le Président et ont fait de vous un despote, un dictateur sans merci, afin de protéger leurs intérêts et passer sous silence leurs forfaits.
Mais vous êtes capable Monsieur le Président de refuser d’être la marionnette de cette classe de parasites, de ce clan d’hypocrites dont le seul motif de vie est d’assouvir leurs passions d’argent, de pouvoir et de privilèges. Vos courtisans ont tout à craindre d’un changement démocratique dans le pays, ils en tremblent, mais pas vous Monsieur le Président !!! Vous ne manquez ni de moyens, ni de courage, ni de savoir-faire, ni de futur partisans sincères et dévoués pour le faire. Seule la volonté politique vous manque Monsieur le Président. De quoi avez-vous peur Monsieur le Président si demain vous décidiez d’entamer un processus de démocratisation réel de la Tunisie ???
Prenez votre courage en mains Monsieur le Président, renvoyez les principaux opposants notoires au changement, débarrassez-vous de vos courtisans hypocrites et entamez dés demain un revirement démocratique réel et sincère. Vous verrez l’élan d’amour populaire vous entourer, l’adhésion de toutes les forces politiques à votre projet se confirmer. Mais pour atteindre cet objectif et mener à bon port votre et notre projet démocratique, permettez moi Monsieur le Président de vous proposer de suivre le plan politique suivant :
1) Etablir une charte de démocratisation de la Tunisie qui s’appliquera en dix ans, en collaboration avec tous les partis politiques, les associations, les syndicats et les personnalités du pays sans exclusive ni restrictions aucune. Cette charte constituera un contrat entre vous d’une part et la société civile et la Nation d’autre part. Vous vous y engagez à permettre une transition pacifique vers un régime démocratique total. En contre partie vous serez chargé de superviser le processus démocratique pendant dix ans en tant que Président de la République inamovible.
2) Faire voter une loi d’amnistie générale par la Chambre des députés permettant d’élargir tous les détenus politiques et d’opinions et frapper d’extinction toutes les actions publiques contre toute personne ayant commis une infraction dans l’exercice de ses fonctions d’agent de l’Etat, tout particulièrement les fonctionnaires de la police, jusqu’à la date susvisée. Personne ne sera inquiété de la sorte et aucune poursuite ne sera diligentée contre quiconque afin d’apaiser le climat social et faire régner la paix dans les esprits de tous.
3) Mettre en place une « Commission Vérité et Pardon » dont la mission est de recueillir les aveux des personnes ayant commis ou ordonné des violations des droits de l’Homme et d’écouter publiquement le témoignage des victimes depuis le 20 mars 1956. Cette commission qui conciliera la société civile avec l’Etat, établira la responsabilité civile des autorités publiques quant aux violations des droits de l’Homme et décidera du montant des dommages et intérêts à accorder au victimes ou à leurs ayant droits.
4) Amender le code pénal et le code de la presse afin de dépénaliser totalement les faits relatifs aux libertés publiques y compris la liberté d’expression, d’association, de manifestation ou de publication. Cette mesure permettra d’affranchir totalement les médias, y compris la radiotélévision de tout contrôle, et d’offrir la liberté absolue d’expression au peuple. A cet égard un quotidien financé par l’Etat sera mis à la disposition des citoyens pour leur permettre de s’exprimer en toute liberté.
5) Reléguer les infractions relatives à la diffamation à une Chambre civile spécialisée dans les conflits relatifs aux libertés publiques et individuelles près de chaque Tribunal de Grande Instance fonctionnant exclusivement selon le Code de procédure civile. Seul un contrôle judiciaire a posteriori sera exercé par la dite chambre à la demande de toute personne, y compris l’Etat, lésée par la liberté d’expression. La responsabilité de toute personne ayant usé et abusé de la liberté d’expression sera ainsi établie par une juridiction ad hoc et l’octroi éventuel de dommages et intérêts sera dissuasif contre tout abus en la matière. Toutefois, à titre dérogatoire et pendant dix ans, toute critique ou propos diffamatoire à votre encontre ou à l’encontre de votre famille proche seront pénalement sanctionnés.
6) Dissocier les fonctions de sécurité des autres fonctions civiles exercées actuellement par le Ministère de l’Intérieur en créant un Super Ministère de la Sécurité réunissant l’armée et la police en un seul corps. Au Ministère de l’Intérieur proprement dit seront dévolues la supervision des collectivités locales et toutes les questions relatives à la population et à l’aménagement du territoire. Les fonctionnaires du ministère de la Sécurité joueront le rôle de police en temps de paix et de militaires en temps de conflit armé. Vous doublerez ainsi, les capacités des forces de l’ordre public pour le bien du respect des libertés publiques et individuelles. Les manifestations publiques pourront ainsi être autorisées sans risques de dérapage ni de casse.
7) Vous garderez, Monsieur le Président, le contrôle des attributions du Ministère de la sécurité qui vous seront dévolus à titre exceptionnel et dérogatoire pendant dix ans afin garantir la consolidation du processus démocratique et le respect par tous du plan de démocratisation.
8) Respecter la séparation des pouvoirs et surtout l’indépendance de la justice et ce par la suppression pure et simple du Ministère de la Justice et l’attribution de ses compétences à un Haut Conseil de la Justice. Afin d’éviter un gouvernement des juges, il sera composé de personnalités désignées par les trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. Présidé par le Premier président de la Cour de Cassation, le Haut Conseil de la Justice assurera l’administration de la Justice et la discipline des magistrats. Il sera doté d’un budget propre voté par le Parlement et géré par le Haut Conseil de la Justice lui-même. Il aura à sa disposition exclusive le commandement de la police judiciaire. L’interrogatoire des suspects échappera ainsi totalement aux forces de l’ordre ordinaires dont la mission sera la seule constatation des infractions à la loi.
9) Promulguer un Code d’honneur et de déontologie régulant les rapports entre les forces de l’ordre et les citoyens afin de rééduquer dans le sens du respect des droits de l’Homme et de sensibiliser à la démocratie les agents de la paix et leurs faire prendre conscience de leurs devoirs de réserve e t de neutralité dans l’exercice de leur fonctions.. Largement diffusé parmi les forces de l’ordre et la population, ce code constituera un pilier pour la démocratie afin de mettre fin aux abus de la police et de la gendarmerie.
10) Enfin, et après avoir accompli les étapes précédentes, dissoudre le Parlement actuel et appeler les tunisiens à élire une assemblée constituante, dans un délai d’un an, chargée de rédiger une nouvelle constitution démocratique. Cette assemblée, qui ouvrira une nouvelle ère dans l’histoire de la Tunisie, sera appelée à choisir entre l’instauration d’une monarchie constitutionnelle, parlementaire et démocratique sur le modèle britannique ou espagnol ou bien l’établissement d’une deuxième République à régime parlementaire sur le modèle allemand. Le régent ou le président de la République jouant un rôle protocolaire et honorifique et le premier ministre chef de la majorité parlementaire sera le chef du gouvernement élu par le Parlement, doté des pleins pouvoirs politiques. Vous vous allégerez ainsi, Monsieur le Président, de tous le poids de la politique politicienne, quotidienne, sociale, économique et étrangère, au profit du chef du gouvernement et vous concentrerez toute votre énergie à superviser le processus démocratique qui commencera par des élections législatives réellement libres qui auront lieu un an après la rédaction de la nouvelle constitution.
Monsieur le Président,
Nous savons tous que des forces hostiles à tout changement démocratique, vous entourent, parmi votre famille la plus proche mais aussi parmi les membres influents du RCD et dans les différentes instances de l’Etat. Mais vous êtes capable Monsieur l e Président, de venir à bout de cette résistance réactionnaire. Vous êtes à la hauteur d’abattre les profiteurs, les arrivistes, les hypocrites et les béni oui-oui de tout genre qui ne se soucient que de leur intérêts personnels et pour qui la Tunisie n’est qu’un fonds de commerce sans plus.
En comptant sur votre expérience, sur votre de caractère d’acier, sur votre volonté politique et sur votre détermination inébranlable à vaincre les résistances anti-démocratiques vous remporterez un grand succès. En vous appuyant sur les forces démocratiques réelles et sincères qui n’hésiteront pas à vous apporter leurs soutiens et n’épargneront pas leurs efforts pour vous aider dans cette tache historique de démocratisation de la Tunisie, vous réussirez Monsieur le Président !!! Les forces réactionnaires anti-démocratiques sont des tigres en papier, ne les craignez pas. Nous sommes avec vous si, et seulement si, vous entamez un processus de démocratisation devenu aujourd’hui inéluctable et une fatalité historique. Inscrivez votre nom en lettres d’or sur les annales de l’Histoire de la Tunisie. Passez par un arc de triomphe Monsieur le Président avant de quitter la scène politique dans 15 ans et non par une porte dérobée comme l’a malheureusement fait votre prédécesseur Bourguiba !!!
Me Kamel Ben Tahar CHAABOUNI
Le 16/03/2005
L'IRAK ACCOUCHE DE LA PREMIERE DEMOCRATIE ARABE PAR.... CESARIENNE !!!
Par Kamel CHAABOUNI
Il a fallut quelques 16.500 victimes civiles irakiennes innocentes, selon une estimation minimale, des milliers d’enfants décapités, des milliers d’êtres humains mutilés, plus de 1400 soldats américains, britanniques et d’autres nationalités tués, 200 milliards de us dollars partis en fumée pour que voit le jour les premières élections libres et représentatives (plus de 8 millions d’irakiens y ont pris part) dans un pays arabe. Le scrutin historique du 30/01/2005 qui a eu lieu en Irak sous les auspices d’une Haute Commission électorale mise en place par l’ONU auquel ont pris part une centaine de partis politiques et environ 7000 candidats, n’a pas été entaché d’irrégularités majeures. L’objectif de ces élections était d’élire les 275 députés d’une Assemblée constituante irakienne chargée de rédiger le projet de loi fondamentale qui sera soumis ultérieurement à l’appréciation du peuple souverain par voie de référendum.
Grâce au courage de l’administration américaine et du gouvernement britannique et tout particulièrement du Président George W. Bush et du premier ministre Tonny Blair, initiateurs et moteurs de ce bouleversement historique, l’Irak sera la première démocratie dans le monde arabe moderne. Les Etats –Unis ont finalement compris, après les événements tragiques du 11 septembre 2001 dont les auteurs sont arabes, que la liberté et la démocratie dont ils jouissaient jusque là, resteraient fragiles et provisoires tant qu’elles ne sont pas consolidées par l’émergence de régimes démocratiques dans les pays arabes. La démocratie occidentale ne peut plus faire bon ménage avec les dictatures effroyables du monde arabe, qui à l’instar du régime baasiste avait gouverné pendant plus de trois décennies l’Irak par la démagogie, le despotisme, le culte de la personnalité, la répression, la négation totale des droits de l’Homme, les enlèvements de citoyens et leur exécutions sans aucune forme de procès, les charniers, l’étouffement de toute velléité démocratique et les guerres contre les Etats voisins.
Nous sommes très loin de cette formulaire lapidaire de Bob MURPHY, représentant personnel du Président ROOSVELT à Alger, qui avait déclaré en 1942 , lors du débarquement des troupes américaines en Afrique du Nord : « Nous sommes ici pour faire la guerre et non pour apprendre la démocratie aux Arabes ». (Rapportée par Saïd Mestiri, dans son ouvrage « Moncef Bey » ArcsEditions, Tunis, 1988, T.1, p.92). Cette Amérique a bel et bien changé en raison de l’attaque terroriste du 11 septembre 2001 et grâce à l’administration BUSH, tant décriée, qui a raison de penser qu’il faut impliquer effectivement les Arabes dans la lutte anti-terroriste et que cela n’est faisable qu’en permettant et en encourageant l’avènement de la démocratie et de la liberté dans le Monde Arabe. Le très démocrate Bill CLINTON n’a pas dit mieux et n’a même pas osé faire allusion à ce sujet durant son mandat. C’est donc un changement radical opéré par les USA, qu’il faut saluer et encourager !!!
Les élections irakiennes du 30/01/2005 s’inscrivent dans cette nouvelle vision de l’administration américaine. Elles ont été, en effet, un franc succès, d’abord pour le peuple irakien qui a longtemps souffert du despotisme baasiste, et par ricochet pour la cause de la démocratie dans le Monde arabe et enfin un titre de gloire pour la nouvelle politique américaine conduite par G.W.Bush, qui soutenu par le Royaume Uni contre vents et marées et face à l’hostilité internationale conduite par l’ONU, se sont opposées au projet de Bush de renverser le dictateur sanguinaire Saddam Hussein.
Il fallait être un naïf primaire pour croire à l’alibi des armes de destruction massives (AMD) déployé théâtralement par l’administration américaine afin d’atteindre son objectif et détruire la machine répressive de Saddam. Personne ne croyait plus à l’existence des AMD depuis la publication du rapport de l’enquêteur onusien Hans Bliks. Les obstructions de l’ONU et des pays européens face à la détermination de Bush de renverser le criminel Saddam n’ont servi à rien. Le président américain avait raison de tenir bon et de terminer la tâche que son père avait laissé inachevée en 1991. Bush ainsi, que son secrétaire à la défense Ramsfeld voulait coûte que coûte attaquer Saddam et détruire son régime baasiste tyrannique. Il leur fallait un prétexte, il n’y avait pas mieux que la prétendue existence d’armes de destruction massives. Ils s’en sont servis à bon escient.
Comme à chaque fois que les Etats-Unis font la guerre dans un pays contre son régime tyrannique, la majorité des observateurs suivie par l’opinion publique arabe crient haut et fort que les USA cherchent par là à mettre main basse sur le pétrole du pays attaqué. Je l’ai entendu, à propos de la Somalie en 1992, quand l’administration américaine de l’époque était intervenue militairement pour empêcher les clans armés somaliens rivaux de détourner à leurs profits les aides alimentaires internationales. Dans le conflit survenu en ex-Yougoslavie, on prétendait que les américains cherchaient à faire passer une pipe line de pétrole par ce pays. Personne ne voulait croire en la bonne foi des américains qui étaient les seuls à intervenir pour arrêter le massacre perpétré par les Serbes contre les bosniaques!!!! Les observateurs arabes et leurs médias, qui ne sont libres dans nos pays que pour critiquer les USA et alimenter la haine anti-américaine des peuples arabes, ont réédité leur exploit à l’occasion de l’invasion américaine de l’Afghanistan et la destruction du sinistre régime moyenâgeux des talibans. Décidément nos observateurs et autres intellectuels voient du pétrole partout et s’opposent à tout changement historique fusse-t-il démocratique et libérateur !!!
Certaines personnes ont la mémoire courte, d’autres plus jeûnes ignorent simplement le combat et les sacrifices endurés par les Etats-Unis pour la liberté et la démocratie dans le monde. Il faudrait peut-être leur rafraîchir la mémoire. Déjà dans la première guerre mondiale les américains ont soutenu les alliés contre l’expansionnisme de l’Axe. C’est encore les américains qui ont porté secours aux pays européens envahis par les troupes de l’Allemagne nazie. C’est grâce au combat des américains durant la guerre froide contre le pseudo communisme de l’URSS et la tyrannie fasciste de Staline que le monde doit sa liberté. Sous Clinton les USA ont porté secours à la Somalie meurtrie et affamée Ils étaient aussi les seuls à secourir le peuple bosniaque musulman, exterminé par le régime serbe de Milosevic encouragé dans son entreprise par la passivité européenne, libérant par la même les peuples de l’ex-Yougoslavie de leur despote. Après les événements tragiques et criminels du 11 septembre 2001 l’Amérique de Bush a débarrassé non seulement l’Afghanistan mais la terre entière d’un régime moyenâgeux et tyrannique. Tout récemment les Etats-Unis ont déployé 13000 soldats et une importante logistique pour secourir les rescapés de la catastrophe humaine du Tsunami. Tous les peuples de la terre ont profité du génie de cette grande puissance. L’Internet et l’informatique que certains terroristes irakiens utilisent pour montrer leur barbarie, sont une invention américaine et profitent sans contrepartie significative à l’humanité entière. Faut-il rappeler qu’au crédit des USA il y a le soutien à l’indépendance de la Tunisie et leur opposition à l’agression tripartite contre l’Egypte de Nasser en 1956.
Seul zone d’ombre, la sympathie des USA pour le coup d’Etat fasciste de Pinochet au Chili en 1973 et son soutien continu et inconditionnel à Israël. Le bilan de la guerre du Vietnam est plus mitigé car il s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le communisme et intervient dans le cadre de la guerre froide.
La dernière en date des actions à l’honneur des USA sous Bush, bien qu’on regrette les pertes de vie humaines, fut la libération de l’Irak et son peuple du régime tyrannique de Saddam Hussein. En effet les deux raisons réelles et principales qui ont déterminé Bush à attaquer l’Irak étaient d’abord de mettre fin aux menaces supposées ou réelles du régime baasiste contre tous les petits Etats de la région et principalement contre Israël ; ensuite de sécuriser l’acheminement du pétrole vers l’Occident et principalement vers les USA. Il ne s’agissait pas en fait de spolier l’Irak de son pétrole, comme le prétendaient les simplistes, mais de le mettre entre des mains responsables, dans un Irak pacifié et normalisé qui ne ferait pas d’obstructions à la bonne marche de l’économie mondiale et ce moyennant un prix raisonnable du marché, il en va du prix des produits manufacturés importés des pays développés. Toute augmentation irraisonnée du prix du pétrole se répercute immédiatement en effet sur les importations.
Tous ceux qui, relayés par opinion publique naïve prétendaient que les américains, en envahissant l’Irak avait pour objectif de mettre la main sur la deuxième réserve du pétrole du monde se trompent pour le moins!!! Les Etats-Unis, vont-ils voler le pétrole d’Irak ? Vont-ils l’avoir gratuitement ? Si cela était le cas pourquoi ne le feraient-ils pas avec le pétrole saoudien ou celui des pays du golfe qui sont leurs alliés inconditionnels ? Les américains se servent-ils gratuitement dans le pétrole de l’Arabie ? D’où viennent les capitaux qui ont permis à ce pays de passer d’un Etat désertique à un pays riche et prospère ? Aucun pays, à ma connaissance ne s’est plaint de n’avoir pas été payé pour ses livraisons de pétrole aux USA !!! N’existe-t-il pas non plus un ministère irakien du pétrole dirigé et contrôlé par un homme intègre et compétent, Thameur Ghodban un homme du domaine du temps même de Saddam ? D’où viennent aussi les fonds (5 milliards de us dollars) déposés par l’Irak récemment dans la Réserve Fédérale américaine? D’autre part si les USA veulent spolier
L’Irak, pourquoi ont-ils contraints les pays créanciers de ce dernier à effacer une dette estimée à 100 milliards de us dollars léguée par Saddam, dette qui a servi à financer sa passion pour les guerres et ses envies de palais ?
En fait, si en attaquant contre vents et marées, le régime de Saddam, Bush visait deux objectifs qui lui sont propres : sécuriser l’approvisionnement des USA en pétrole et assurer la sécurité stratégique d’Israël, le courageux Président américain avait objectivement oeuvré pour la cause de la démocratie en Irak en particulier, et dans le Monde arabe en général. En détruisant ce régime honnis, M. Bush ne pouvait permettre son remplacement par un autre régime despotique ni remettre à la tête de l’Etat irakien un nouveau dictateur. Le seul choix possible pour l’administration américaine était donc la démocratie et des élections libres pour l’Irak. Comment mettre en cause la sincérité du président Bush alors qu’il avait déclaré, être prêt à accepter les résultats des élections en Irak, qu’elle qu’en soit l’issue, fussent-elles au profit des islamistes !!! Le scrutin du 30/01/2005 a montré que Bush avait tenu parole, c’est en effet le courant de l’Ayatollah Ali Al-Sistani qui l’a emporté. Les élections n’ont pas connues de fraudes majeures pour la bonne raison que, le protégé même des américains, M. Iyad Allawi est en troisième position avec un score de moins de 20%!!!
En détruisant le régime de Saddam pour des raisons subjectives qui servent les intérêts économiques et stratégiques des USA exclusivement, le président Bush a servi les intérêts objectifs de l’Irak en faisant sauter l’un des maillons forts de la tyrannie arabe et en permettant à l’un de ses peuples d’avoir les premières élections libres de leur histoire. Quoi qu’il en soit, les USA ont fait pénétrer de force le Monde Arabe, après les élections irakiennes du 30 janvier 2005, dans une nouvelle ère pleine d’espoir, celle de la démocratie et de la liberté. Le vent a tourné en effet contre les régimes arabes despotiques qui, dans leur majorité, ont accueilli dans le silence absolu le succès des élections irakiennes qui préfigurent l’instauration d’un régime démocratique en Irak. Ces régimes, faux alliés des Etats-Unis, doivent se demander ce qui a pris leur protecteur d’hier pour faire accoucher l’Irak d’un régime démocratique !!! Il faut encourager fortement ce changement majeur dans la stratégie américaine et féliciter le Président Bush d’en avoir compris la nécessité et de l’avoir initié. La résistance acharnée à ce processus historique devenu inéluctable, même si elle se fait dans la violence, le sang, les mutilations, le veuvage et l’orphelinat, est vaine et va contre la marche de l’histoire, c’est un lourd tribut à payer pour la démocratie et la liberté.
Toutefois si la « résistance irakienne » dispose d’une certaine légitimité, en attaquant les militaires américains, au nom du droit des peuples à résister à l’occupation étrangère, elle s’est disqualifiée complètement en s’attaquant aux ressortissants étrangers, en prenant pour otages les journalistes, des diplomates tous innocents, en égorgeant des otages comme des moutons, en assassinant des dignitaires religieux shiites et des hommes politiques irakiens. Le comble a été le massacre de fidèles à la sortie leurs mosquées le jour de l’Aïd et le mitraillage de gens paisibles venues acheter leur pain dans une boulangerie. Une quelque soient les circonstances, doit avoir une éthique, on ne peut faire tout et n’importe quoi au nom de la résistance !!!! Ayant perdu toute morale humaine encore moins islamique, ne respectant aucun droit, la dite « résistance » irakienne dévoile son vrai visage haineux et barbare et annonce les massacres potentiels qu’elles est capable de commettre par millions si jamais les américains se retirent d’Irak et que le pouvoir leur échoit. Les dizaines de morts qu’elle provoque tous les jours avec ses voitures piégées, ses attentats suicides qui visent les militaires et les policiers irakiens ainsi que les civils chiites en particulier annoncent la couleur de leur programme encore pire que celui du régime baasiste. Cette « résistance» ne souhaite pas le rétablissement ni de la sécurité ni de la paix en Irak sous prétexte que l’Irak est occupé, et que les forces de l’ordre sont des fantoches aux mains des américains. Elle veut ni plus ni moins reprendre le pouvoir par la violence, le terrorisme et les massacres en provoquant une guerre civile entre chiites et sunnites afin de contraindre les américains à se retirer d’Irak, ce qui entraînera inéluctablement la sécession du Kurdistan qui va se tirer d’affaire en créant son propre Etat démocratique, alors que les arabes replongeront dans le despotisme et la dictature.
Hétéroclite et diverse la « résistance » irakienne est en effet principalement composée d’anciens baasistes dépouillés de leurs privilèges et de leurs rémunérations par les américains, d’anciens militaires, gardes républicains (environ 400.000) et autres agents de police politique et tortionnaires irakiens démobilisés. Elle comporte aussi, des islamistes fanatiques benladénistes et salafistes, sans oublier différentes bandes de criminels et d’assassins élargis par Saddam et dont le désordre constitue un vivier idéal pour leurs entreprises criminelles.Cette « résistance » irakienne est sans programme politique clair ou du moins elle ne veut pas avouer sa volonté de rétablir l’ancien régime baasiste ou un régime théocratique arriéré et moyenâgeux en Irak !!!
Tous ces criminels que certains regroupent facilement voire naïvement sous le vocable de
« résistance » s’entraident mutuellement et se prêtent main forte. Des témoignages nous sont parvenus que des criminels de droit commun prennent des otages étrangers et les revendent carrément aux groupuscules politiques qui les utilisent comme moyen de propagande pour se faire connaître ou mettre la pression sur les forces de la Coalition avec des méthodes horribles, sauvages et inhumaines filmées et diffusés sur Internet et certaines chaînes de télévision arabes complices.
Quant à tous ceux qui demandent la fin immédiate de l’occupation de l’Irak et l’évacuation des troupes multinationales, ils sont soit stupides soit mal intentionnés. L’Irak n’est pas en mesure d’assurer sa propre sécurité intérieure ou extérieure, ni d’assurer son intégrité territoriale. En effet la police est encore peu entraînée et insuffisante, la nouvelle armée irakienne n’est pas encore efficiente et bien entraînée pour faire face à des groupuscules armés bien déterminés. Le départ précipité des troupes américaines et anglaises leur fournira l’occasion de sauter sur le pouvoir et de rentrer en triomphe à Bagdad afin d’installer un régime islamiste despotique, salafiste et moyenâgeux. Par ailleurs le départ précipité des américains de l’Irak, entraînerait la partition de l’Irak. Une invasion turque par le nord et une invasion iranienne par l’est seront inéluctables. la Turquie pour empêcher la naissance d’un Etat kurde dont elle craint les conséquences et l’Iran pour prêter main forte aux shiites afin d’imposer un régime qui lui soit proche et favorable.
Je suis sûr que les irakiens dans leur majorité aimeraient que les Américains, s’attellent à la tache de la reconstruction de l’Irak au lieu de s’occuper à assurer leur défense. Les Etats-Unis avaient l’intention de le faire, moyennant finances et approvisionnement en pétrole certes, mais les attaques répétées contre leurs soldats les ont détourné de cette tâche. Les américains et les anglais disposent de moyens et de capitaux considérables qui permettront en temps réduit de reconstruire les infrastructures économique et sociale de l’Irak et l’aider à devenir une nation riche et prospère.
Que l’on ne m’objecte pas que les américains veulent spolier l’Irak de son pétrole !!! Le peuple irakien a-t-il jamais profité des retombés de son pétrole ? Saddam n’a-t-il pas usé et abusé des pétrodollars pour financer sa folle et vaine guerre contre l’Iran qui a duré huit ans, son invasion du Kuwayt, ses achats massifs d’armes, la construction de centrales nucléaires aussitôt détruites par Israël, sans qu’il ose pratiquer son droit à la riposte !!! Sans oublier ses innombrables châteaux et le gaspillage du trésor public par ses deux rejetons Ouday et Qousay ???
Que vaut le pétrole par rapport à la liberté et à la démocratie dont les Irakiens jouissent depuis l’invasion américaine ? Peut-on cracher à la figure d’un horrible criminel, à supposer que les américains le soient, qui vient ouvrir la porte de votre cellule où vous avez été injustement incarcéré ou bien le remercier pour vous avoir offert la liberté ?
Le peuple irakien jouit en effet, aujourd’hui d’une liberté d’expression, d’une multitude de partis politiques, de radios libres, de chaînes de télévision, de quotidiens, près de 200, de liberté de manifester, de faire grève sans égale dans le Mode arabe !!!. Paradoxalement, les journalistes s’autocensurent non par crainte du nouveau gouvernement provisoire irakien mais bien par peur des représailles des groupuscules armés.
Quant à l’invasion militaire de l’Irak par les Etats-Unis, c’est Saddam, sa famille et leur parti Baas à leurs pieds qui en sont les principaux responsable !!! Têtu et stupide comme il est, Saddam n’avait pas tiré les leçons de la première guerre du Golfe. Pour la petite histoire, si Bush père l’avait épargné, Bush fils ne voulait plus de lui pour continuer à faire fouler le portrait de son père par les clients des hôtels al-Rachid ou de Palestine. Croyait-il que le président américain plaisantait en lui ordonnant de quitter l’Irak dans les 48 heures avant de l’attaquer avec son armada ? Saddam rêvait-il de pouvoir vaincre les USA, première puissance économique, militaire et technologique mondiale ? Pourquoi Saddam n’avait-il pas profité des 13 ans d’embargo pour redorer son blason, réformer son régime politique, organiser des élections libres, et instaurer la démocratie fusse-t-elle sous son contrôle ?
Quoiqu’il en soit, que les irakiens se consolent, les peuples du monde entier ont connu les invasions étrangères, et les occupations par d’autres peuples, certains Etats ont été détruits, d’autres sont nés. Le phénomène colonial et les invasions militaires n’échappent pas au principe de la dualité, tous les phénomènes ont leur bon et leur mauvais cotés. Le phénomène colonial et les invasions étrangères ne sont-elles pas des apports nécessaires, inéluctables et imparables, une levure en quelque sorte indispensable à un pays dont la pâte « civilisationnelle » ne veut plus se lever ? L’exemple de la colonisation française en Afrique du Nord et en Afrique noire nous éclaire sur les retombées bénéfiques d’une présence étrangère. Un pays, un Etat ne se fait envahir qu’à un moment d’extrême faiblesse, quand il est au creux de la vague de sa civilisation, quand il devient incapable de se régénérer. C’est le cas de l’Irak sous le parti Baas et surtout sous Saddam. L’intervention étrangère agit alors comme une greffe sur une plante. Elle la régénère et lui permet d’avoir une nouvelle vie et de donner à nouveau des fruits. Il ne faut pas voir uniquement les destructions et les pertes en vie humaines somme toute condamnables et regrettables dans une invasion étrangère. Il faudrait voir aussi tout les apports positifs que fait bon gré mal gré toute invasion, toute colonisation, toute occupation. Tout le bassin méditerranéen profité de l’expansion de l’Empire romaine et de sa magnifique civilisation. L’invasion de l’Ifriqiya par les Phéniciens a fait naître Carthage et son illustre Hannibal dont les tunisiens d’aujourd’hui sont si fiers !!! Les Arabes sortis d’Arabie sans grande culture au VII e siècle, le Coran dans une main et le sabre dans l’autre, ont envahi l’Iran sassanide, la Mésopotamie, la Syrie chrétienne, l’Égypte copte, et l’Afrique du Nord byzantin et les ont transformé linguistiquement et religieusement. Ils sont à l’origine de l’une des plus glorieuses civilisations de l’Humanité. Grâce à l’occupation arabe de l’Espagne, l’Europe a connu la philosophie grecque, les sciences et la médecine. Les croisades ont aussi apporté à l’Europe beaucoup de produits inconnus jusque là comme les épices. L’invasion de l’Egypte par les troupes de Napoléon au XVIII e siècle a provoqué un choc pour le pays des Pharaons et l’a réveillé de sa léthargie séculaire. Les savants qui accompagnaient Napoléon avaient en effet réalisé un travail scientifique et archéologique merveilleux dont bénéficie aujourd’hui à l’Egypte et la communauté scientifique internationale. La France, en occupant l’Afrique du Nord avait réalisé une révolution économique, sociale, et culturelle et avait construit une infrastructure (ponts, chaussés, chemin de fer, écoles, administration, patrimoine immobilier) qui a fait sortir le Maghreb de son moyen age Un pays qui n’a jamais été occupé est un pays encore au stade de la chasse et de la cueillette !!! . C’est le cas de quelques tribus africaines de la jungle qui n’ont jamais eu aucun contact avec des étrangers.
Il ne faudrait pour autant pas appeler les irakiens à accepter la présence militaire américaine sur leur sol, ni souhaiter à leur place une domination étrangère. Eux seuls décideront, encore mieux par référendum . Toutefois, ils seraient mieux inspirés de résister pacifiquement et pourquoi pas de s’entendre avec les américains et les anglais pour mieux gérer l’occupation de leur pays afin d’en tirer un maximum de profits et sortir leur pays du sous développement. Il ne sert à rien, en effet, de se suicider ni de tuer les Gi’s, ni que ceux-ci ripostent en tuant des irakiens innocents ou combattants. Il suffit juste d’employer les méthodes pacifiques comme l’avait fait le Mahatma Gandhi en Inde pour ne pas disparaître en tant que nation autonome et spécifique. L’occupation américaine de l’Irak n’est pas en effet une colonisation de peuplement, pour être irréversible et dangereuse comme la colonisation israélienne. En outre la présence militaire américaine dans un pays jusque là gouverné par la tyrannie est une garantie pour la bonne marche de la démocratie. Toutes les composantes du peuple irakien et toutes leurs tendances politiques, auront leurs droits garantis. De ce fait les femmes irakiennes sont les premières bénéficiaires. Les américains avaient en effet qui exigé et obtenu qu’au moins 25% des sièges de l’Assemblée constituante soient réservés aux femmes. Les Kurdes, pour leur part, ont bien compris l’apport de la présence américaine et les avantages qu’ils peuvent tirer de la présence de la première puissance mondiale sur leur sol, ils progressent sur la voie du développement et de la démocratie, alors que les arabes irakiens stagnent sinon font une marche arrière dans les méandres de l’Histoire.
Certes certains militaires américains avaient commis des atrocités dans la prison d’Abu-Gharib et avaient violé les droits de l’homme et la convention de Genève, mais les Etats-Unis ont, au moins, le mérité de l’avoir reconnu publiquement, d’en avoir débattu en direct dans le Congrès devant les télévisions du monde entier, d’avoir regretté leurs forfaits et demandé pardon officiellement et enfin d’avoir jugé et condamné les auteurs de ces crimes ignobles. Hormis le Maroc avec le Roi Mohamad VI qui a chargé une commission d’écouter et d’indemniser les victimes des violations des droits de l’homme de 1956 à 1999, aucun autre pays arabe, dont les médias fustigent à grand renfort les atrocités d’Abu-Gharib, n’a reconnu ses atteintes aux droits humains et qui plus est continuent de pratiquer la torture et de protéger leurs sbires et leurs tortionnaires !!!
Quoiqu’il en soit, en admettant que l’occupation anglo-américaine n’avait apporté que désastres, morts, mutilations, destructions, massacres d’innocents commis à tort ou à raison par les uns et les autres, elle aura au moins à son crédit d’avoir permis au peuple irakien de se débarrasser de ses boulets après des décennies d’esclavage « saddamien », de démagogie baasiste, de despotisme noir, de respirer l’air de la liberté, d’avoir des élections libres, de choisir leurs représentants à l’Assemblée constituante, de s’engager irréversiblement et douloureusement sur la voie de la démocratie, en somme de faire accoucher par césarienne et sans anesthésie, l’Irak de la première démocratie dans un Monde arabe plongé dans une tyrannie séculaire qui sera inéluctablement balayée un jour par l’Histoire. Toutefois la démocratie naissante en Irak, reste fragile et entourée de menaces tant la résistance à son instauration est farouche, de la part des anciens baasistes, des régimes arabes qui les aident pour faire échouer cette entreprise, de la part des islamistes rétrogrades qui fantasment d’instaurer un ordre réactionnaire et moyenâgeux. Les progressistes et démocrates arabes qui s’opposent au changement démocratique en Irak, sous prétexte qu’il est conduit par les USA, et apportent leur soutien moral contre-nature aux islamistes et aux baasistes, seraient les premières victimes d’un échec éventuel de la démocratie en Irak. L’échec du processus démocratique en Irak sonnera le glas à tout espoir démocratique réel dans le Monde arabe. De sa réussite dépend l’avenir politique de tous les pays arabes. Aidons ce processus à s’accomplir et à réussir !!!!
Paris 12 février 2005
Me. Kamel CHAABOUNI
Avocat
kamelchaabouni@yahoo.fr
Il a fallut quelques 16.500 victimes civiles irakiennes innocentes, selon une estimation minimale, des milliers d’enfants décapités, des milliers d’êtres humains mutilés, plus de 1400 soldats américains, britanniques et d’autres nationalités tués, 200 milliards de us dollars partis en fumée pour que voit le jour les premières élections libres et représentatives (plus de 8 millions d’irakiens y ont pris part) dans un pays arabe. Le scrutin historique du 30/01/2005 qui a eu lieu en Irak sous les auspices d’une Haute Commission électorale mise en place par l’ONU auquel ont pris part une centaine de partis politiques et environ 7000 candidats, n’a pas été entaché d’irrégularités majeures. L’objectif de ces élections était d’élire les 275 députés d’une Assemblée constituante irakienne chargée de rédiger le projet de loi fondamentale qui sera soumis ultérieurement à l’appréciation du peuple souverain par voie de référendum.
Grâce au courage de l’administration américaine et du gouvernement britannique et tout particulièrement du Président George W. Bush et du premier ministre Tonny Blair, initiateurs et moteurs de ce bouleversement historique, l’Irak sera la première démocratie dans le monde arabe moderne. Les Etats –Unis ont finalement compris, après les événements tragiques du 11 septembre 2001 dont les auteurs sont arabes, que la liberté et la démocratie dont ils jouissaient jusque là, resteraient fragiles et provisoires tant qu’elles ne sont pas consolidées par l’émergence de régimes démocratiques dans les pays arabes. La démocratie occidentale ne peut plus faire bon ménage avec les dictatures effroyables du monde arabe, qui à l’instar du régime baasiste avait gouverné pendant plus de trois décennies l’Irak par la démagogie, le despotisme, le culte de la personnalité, la répression, la négation totale des droits de l’Homme, les enlèvements de citoyens et leur exécutions sans aucune forme de procès, les charniers, l’étouffement de toute velléité démocratique et les guerres contre les Etats voisins.
Nous sommes très loin de cette formulaire lapidaire de Bob MURPHY, représentant personnel du Président ROOSVELT à Alger, qui avait déclaré en 1942 , lors du débarquement des troupes américaines en Afrique du Nord : « Nous sommes ici pour faire la guerre et non pour apprendre la démocratie aux Arabes ». (Rapportée par Saïd Mestiri, dans son ouvrage « Moncef Bey » ArcsEditions, Tunis, 1988, T.1, p.92). Cette Amérique a bel et bien changé en raison de l’attaque terroriste du 11 septembre 2001 et grâce à l’administration BUSH, tant décriée, qui a raison de penser qu’il faut impliquer effectivement les Arabes dans la lutte anti-terroriste et que cela n’est faisable qu’en permettant et en encourageant l’avènement de la démocratie et de la liberté dans le Monde Arabe. Le très démocrate Bill CLINTON n’a pas dit mieux et n’a même pas osé faire allusion à ce sujet durant son mandat. C’est donc un changement radical opéré par les USA, qu’il faut saluer et encourager !!!
Les élections irakiennes du 30/01/2005 s’inscrivent dans cette nouvelle vision de l’administration américaine. Elles ont été, en effet, un franc succès, d’abord pour le peuple irakien qui a longtemps souffert du despotisme baasiste, et par ricochet pour la cause de la démocratie dans le Monde arabe et enfin un titre de gloire pour la nouvelle politique américaine conduite par G.W.Bush, qui soutenu par le Royaume Uni contre vents et marées et face à l’hostilité internationale conduite par l’ONU, se sont opposées au projet de Bush de renverser le dictateur sanguinaire Saddam Hussein.
Il fallait être un naïf primaire pour croire à l’alibi des armes de destruction massives (AMD) déployé théâtralement par l’administration américaine afin d’atteindre son objectif et détruire la machine répressive de Saddam. Personne ne croyait plus à l’existence des AMD depuis la publication du rapport de l’enquêteur onusien Hans Bliks. Les obstructions de l’ONU et des pays européens face à la détermination de Bush de renverser le criminel Saddam n’ont servi à rien. Le président américain avait raison de tenir bon et de terminer la tâche que son père avait laissé inachevée en 1991. Bush ainsi, que son secrétaire à la défense Ramsfeld voulait coûte que coûte attaquer Saddam et détruire son régime baasiste tyrannique. Il leur fallait un prétexte, il n’y avait pas mieux que la prétendue existence d’armes de destruction massives. Ils s’en sont servis à bon escient.
Comme à chaque fois que les Etats-Unis font la guerre dans un pays contre son régime tyrannique, la majorité des observateurs suivie par l’opinion publique arabe crient haut et fort que les USA cherchent par là à mettre main basse sur le pétrole du pays attaqué. Je l’ai entendu, à propos de la Somalie en 1992, quand l’administration américaine de l’époque était intervenue militairement pour empêcher les clans armés somaliens rivaux de détourner à leurs profits les aides alimentaires internationales. Dans le conflit survenu en ex-Yougoslavie, on prétendait que les américains cherchaient à faire passer une pipe line de pétrole par ce pays. Personne ne voulait croire en la bonne foi des américains qui étaient les seuls à intervenir pour arrêter le massacre perpétré par les Serbes contre les bosniaques!!!! Les observateurs arabes et leurs médias, qui ne sont libres dans nos pays que pour critiquer les USA et alimenter la haine anti-américaine des peuples arabes, ont réédité leur exploit à l’occasion de l’invasion américaine de l’Afghanistan et la destruction du sinistre régime moyenâgeux des talibans. Décidément nos observateurs et autres intellectuels voient du pétrole partout et s’opposent à tout changement historique fusse-t-il démocratique et libérateur !!!
Certaines personnes ont la mémoire courte, d’autres plus jeûnes ignorent simplement le combat et les sacrifices endurés par les Etats-Unis pour la liberté et la démocratie dans le monde. Il faudrait peut-être leur rafraîchir la mémoire. Déjà dans la première guerre mondiale les américains ont soutenu les alliés contre l’expansionnisme de l’Axe. C’est encore les américains qui ont porté secours aux pays européens envahis par les troupes de l’Allemagne nazie. C’est grâce au combat des américains durant la guerre froide contre le pseudo communisme de l’URSS et la tyrannie fasciste de Staline que le monde doit sa liberté. Sous Clinton les USA ont porté secours à la Somalie meurtrie et affamée Ils étaient aussi les seuls à secourir le peuple bosniaque musulman, exterminé par le régime serbe de Milosevic encouragé dans son entreprise par la passivité européenne, libérant par la même les peuples de l’ex-Yougoslavie de leur despote. Après les événements tragiques et criminels du 11 septembre 2001 l’Amérique de Bush a débarrassé non seulement l’Afghanistan mais la terre entière d’un régime moyenâgeux et tyrannique. Tout récemment les Etats-Unis ont déployé 13000 soldats et une importante logistique pour secourir les rescapés de la catastrophe humaine du Tsunami. Tous les peuples de la terre ont profité du génie de cette grande puissance. L’Internet et l’informatique que certains terroristes irakiens utilisent pour montrer leur barbarie, sont une invention américaine et profitent sans contrepartie significative à l’humanité entière. Faut-il rappeler qu’au crédit des USA il y a le soutien à l’indépendance de la Tunisie et leur opposition à l’agression tripartite contre l’Egypte de Nasser en 1956.
Seul zone d’ombre, la sympathie des USA pour le coup d’Etat fasciste de Pinochet au Chili en 1973 et son soutien continu et inconditionnel à Israël. Le bilan de la guerre du Vietnam est plus mitigé car il s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le communisme et intervient dans le cadre de la guerre froide.
La dernière en date des actions à l’honneur des USA sous Bush, bien qu’on regrette les pertes de vie humaines, fut la libération de l’Irak et son peuple du régime tyrannique de Saddam Hussein. En effet les deux raisons réelles et principales qui ont déterminé Bush à attaquer l’Irak étaient d’abord de mettre fin aux menaces supposées ou réelles du régime baasiste contre tous les petits Etats de la région et principalement contre Israël ; ensuite de sécuriser l’acheminement du pétrole vers l’Occident et principalement vers les USA. Il ne s’agissait pas en fait de spolier l’Irak de son pétrole, comme le prétendaient les simplistes, mais de le mettre entre des mains responsables, dans un Irak pacifié et normalisé qui ne ferait pas d’obstructions à la bonne marche de l’économie mondiale et ce moyennant un prix raisonnable du marché, il en va du prix des produits manufacturés importés des pays développés. Toute augmentation irraisonnée du prix du pétrole se répercute immédiatement en effet sur les importations.
Tous ceux qui, relayés par opinion publique naïve prétendaient que les américains, en envahissant l’Irak avait pour objectif de mettre la main sur la deuxième réserve du pétrole du monde se trompent pour le moins!!! Les Etats-Unis, vont-ils voler le pétrole d’Irak ? Vont-ils l’avoir gratuitement ? Si cela était le cas pourquoi ne le feraient-ils pas avec le pétrole saoudien ou celui des pays du golfe qui sont leurs alliés inconditionnels ? Les américains se servent-ils gratuitement dans le pétrole de l’Arabie ? D’où viennent les capitaux qui ont permis à ce pays de passer d’un Etat désertique à un pays riche et prospère ? Aucun pays, à ma connaissance ne s’est plaint de n’avoir pas été payé pour ses livraisons de pétrole aux USA !!! N’existe-t-il pas non plus un ministère irakien du pétrole dirigé et contrôlé par un homme intègre et compétent, Thameur Ghodban un homme du domaine du temps même de Saddam ? D’où viennent aussi les fonds (5 milliards de us dollars) déposés par l’Irak récemment dans la Réserve Fédérale américaine? D’autre part si les USA veulent spolier
L’Irak, pourquoi ont-ils contraints les pays créanciers de ce dernier à effacer une dette estimée à 100 milliards de us dollars léguée par Saddam, dette qui a servi à financer sa passion pour les guerres et ses envies de palais ?
En fait, si en attaquant contre vents et marées, le régime de Saddam, Bush visait deux objectifs qui lui sont propres : sécuriser l’approvisionnement des USA en pétrole et assurer la sécurité stratégique d’Israël, le courageux Président américain avait objectivement oeuvré pour la cause de la démocratie en Irak en particulier, et dans le Monde arabe en général. En détruisant ce régime honnis, M. Bush ne pouvait permettre son remplacement par un autre régime despotique ni remettre à la tête de l’Etat irakien un nouveau dictateur. Le seul choix possible pour l’administration américaine était donc la démocratie et des élections libres pour l’Irak. Comment mettre en cause la sincérité du président Bush alors qu’il avait déclaré, être prêt à accepter les résultats des élections en Irak, qu’elle qu’en soit l’issue, fussent-elles au profit des islamistes !!! Le scrutin du 30/01/2005 a montré que Bush avait tenu parole, c’est en effet le courant de l’Ayatollah Ali Al-Sistani qui l’a emporté. Les élections n’ont pas connues de fraudes majeures pour la bonne raison que, le protégé même des américains, M. Iyad Allawi est en troisième position avec un score de moins de 20%!!!
En détruisant le régime de Saddam pour des raisons subjectives qui servent les intérêts économiques et stratégiques des USA exclusivement, le président Bush a servi les intérêts objectifs de l’Irak en faisant sauter l’un des maillons forts de la tyrannie arabe et en permettant à l’un de ses peuples d’avoir les premières élections libres de leur histoire. Quoi qu’il en soit, les USA ont fait pénétrer de force le Monde Arabe, après les élections irakiennes du 30 janvier 2005, dans une nouvelle ère pleine d’espoir, celle de la démocratie et de la liberté. Le vent a tourné en effet contre les régimes arabes despotiques qui, dans leur majorité, ont accueilli dans le silence absolu le succès des élections irakiennes qui préfigurent l’instauration d’un régime démocratique en Irak. Ces régimes, faux alliés des Etats-Unis, doivent se demander ce qui a pris leur protecteur d’hier pour faire accoucher l’Irak d’un régime démocratique !!! Il faut encourager fortement ce changement majeur dans la stratégie américaine et féliciter le Président Bush d’en avoir compris la nécessité et de l’avoir initié. La résistance acharnée à ce processus historique devenu inéluctable, même si elle se fait dans la violence, le sang, les mutilations, le veuvage et l’orphelinat, est vaine et va contre la marche de l’histoire, c’est un lourd tribut à payer pour la démocratie et la liberté.
Toutefois si la « résistance irakienne » dispose d’une certaine légitimité, en attaquant les militaires américains, au nom du droit des peuples à résister à l’occupation étrangère, elle s’est disqualifiée complètement en s’attaquant aux ressortissants étrangers, en prenant pour otages les journalistes, des diplomates tous innocents, en égorgeant des otages comme des moutons, en assassinant des dignitaires religieux shiites et des hommes politiques irakiens. Le comble a été le massacre de fidèles à la sortie leurs mosquées le jour de l’Aïd et le mitraillage de gens paisibles venues acheter leur pain dans une boulangerie. Une quelque soient les circonstances, doit avoir une éthique, on ne peut faire tout et n’importe quoi au nom de la résistance !!!! Ayant perdu toute morale humaine encore moins islamique, ne respectant aucun droit, la dite « résistance » irakienne dévoile son vrai visage haineux et barbare et annonce les massacres potentiels qu’elles est capable de commettre par millions si jamais les américains se retirent d’Irak et que le pouvoir leur échoit. Les dizaines de morts qu’elle provoque tous les jours avec ses voitures piégées, ses attentats suicides qui visent les militaires et les policiers irakiens ainsi que les civils chiites en particulier annoncent la couleur de leur programme encore pire que celui du régime baasiste. Cette « résistance» ne souhaite pas le rétablissement ni de la sécurité ni de la paix en Irak sous prétexte que l’Irak est occupé, et que les forces de l’ordre sont des fantoches aux mains des américains. Elle veut ni plus ni moins reprendre le pouvoir par la violence, le terrorisme et les massacres en provoquant une guerre civile entre chiites et sunnites afin de contraindre les américains à se retirer d’Irak, ce qui entraînera inéluctablement la sécession du Kurdistan qui va se tirer d’affaire en créant son propre Etat démocratique, alors que les arabes replongeront dans le despotisme et la dictature.
Hétéroclite et diverse la « résistance » irakienne est en effet principalement composée d’anciens baasistes dépouillés de leurs privilèges et de leurs rémunérations par les américains, d’anciens militaires, gardes républicains (environ 400.000) et autres agents de police politique et tortionnaires irakiens démobilisés. Elle comporte aussi, des islamistes fanatiques benladénistes et salafistes, sans oublier différentes bandes de criminels et d’assassins élargis par Saddam et dont le désordre constitue un vivier idéal pour leurs entreprises criminelles.Cette « résistance » irakienne est sans programme politique clair ou du moins elle ne veut pas avouer sa volonté de rétablir l’ancien régime baasiste ou un régime théocratique arriéré et moyenâgeux en Irak !!!
Tous ces criminels que certains regroupent facilement voire naïvement sous le vocable de
« résistance » s’entraident mutuellement et se prêtent main forte. Des témoignages nous sont parvenus que des criminels de droit commun prennent des otages étrangers et les revendent carrément aux groupuscules politiques qui les utilisent comme moyen de propagande pour se faire connaître ou mettre la pression sur les forces de la Coalition avec des méthodes horribles, sauvages et inhumaines filmées et diffusés sur Internet et certaines chaînes de télévision arabes complices.
Quant à tous ceux qui demandent la fin immédiate de l’occupation de l’Irak et l’évacuation des troupes multinationales, ils sont soit stupides soit mal intentionnés. L’Irak n’est pas en mesure d’assurer sa propre sécurité intérieure ou extérieure, ni d’assurer son intégrité territoriale. En effet la police est encore peu entraînée et insuffisante, la nouvelle armée irakienne n’est pas encore efficiente et bien entraînée pour faire face à des groupuscules armés bien déterminés. Le départ précipité des troupes américaines et anglaises leur fournira l’occasion de sauter sur le pouvoir et de rentrer en triomphe à Bagdad afin d’installer un régime islamiste despotique, salafiste et moyenâgeux. Par ailleurs le départ précipité des américains de l’Irak, entraînerait la partition de l’Irak. Une invasion turque par le nord et une invasion iranienne par l’est seront inéluctables. la Turquie pour empêcher la naissance d’un Etat kurde dont elle craint les conséquences et l’Iran pour prêter main forte aux shiites afin d’imposer un régime qui lui soit proche et favorable.
Je suis sûr que les irakiens dans leur majorité aimeraient que les Américains, s’attellent à la tache de la reconstruction de l’Irak au lieu de s’occuper à assurer leur défense. Les Etats-Unis avaient l’intention de le faire, moyennant finances et approvisionnement en pétrole certes, mais les attaques répétées contre leurs soldats les ont détourné de cette tâche. Les américains et les anglais disposent de moyens et de capitaux considérables qui permettront en temps réduit de reconstruire les infrastructures économique et sociale de l’Irak et l’aider à devenir une nation riche et prospère.
Que l’on ne m’objecte pas que les américains veulent spolier l’Irak de son pétrole !!! Le peuple irakien a-t-il jamais profité des retombés de son pétrole ? Saddam n’a-t-il pas usé et abusé des pétrodollars pour financer sa folle et vaine guerre contre l’Iran qui a duré huit ans, son invasion du Kuwayt, ses achats massifs d’armes, la construction de centrales nucléaires aussitôt détruites par Israël, sans qu’il ose pratiquer son droit à la riposte !!! Sans oublier ses innombrables châteaux et le gaspillage du trésor public par ses deux rejetons Ouday et Qousay ???
Que vaut le pétrole par rapport à la liberté et à la démocratie dont les Irakiens jouissent depuis l’invasion américaine ? Peut-on cracher à la figure d’un horrible criminel, à supposer que les américains le soient, qui vient ouvrir la porte de votre cellule où vous avez été injustement incarcéré ou bien le remercier pour vous avoir offert la liberté ?
Le peuple irakien jouit en effet, aujourd’hui d’une liberté d’expression, d’une multitude de partis politiques, de radios libres, de chaînes de télévision, de quotidiens, près de 200, de liberté de manifester, de faire grève sans égale dans le Mode arabe !!!. Paradoxalement, les journalistes s’autocensurent non par crainte du nouveau gouvernement provisoire irakien mais bien par peur des représailles des groupuscules armés.
Quant à l’invasion militaire de l’Irak par les Etats-Unis, c’est Saddam, sa famille et leur parti Baas à leurs pieds qui en sont les principaux responsable !!! Têtu et stupide comme il est, Saddam n’avait pas tiré les leçons de la première guerre du Golfe. Pour la petite histoire, si Bush père l’avait épargné, Bush fils ne voulait plus de lui pour continuer à faire fouler le portrait de son père par les clients des hôtels al-Rachid ou de Palestine. Croyait-il que le président américain plaisantait en lui ordonnant de quitter l’Irak dans les 48 heures avant de l’attaquer avec son armada ? Saddam rêvait-il de pouvoir vaincre les USA, première puissance économique, militaire et technologique mondiale ? Pourquoi Saddam n’avait-il pas profité des 13 ans d’embargo pour redorer son blason, réformer son régime politique, organiser des élections libres, et instaurer la démocratie fusse-t-elle sous son contrôle ?
Quoiqu’il en soit, que les irakiens se consolent, les peuples du monde entier ont connu les invasions étrangères, et les occupations par d’autres peuples, certains Etats ont été détruits, d’autres sont nés. Le phénomène colonial et les invasions militaires n’échappent pas au principe de la dualité, tous les phénomènes ont leur bon et leur mauvais cotés. Le phénomène colonial et les invasions étrangères ne sont-elles pas des apports nécessaires, inéluctables et imparables, une levure en quelque sorte indispensable à un pays dont la pâte « civilisationnelle » ne veut plus se lever ? L’exemple de la colonisation française en Afrique du Nord et en Afrique noire nous éclaire sur les retombées bénéfiques d’une présence étrangère. Un pays, un Etat ne se fait envahir qu’à un moment d’extrême faiblesse, quand il est au creux de la vague de sa civilisation, quand il devient incapable de se régénérer. C’est le cas de l’Irak sous le parti Baas et surtout sous Saddam. L’intervention étrangère agit alors comme une greffe sur une plante. Elle la régénère et lui permet d’avoir une nouvelle vie et de donner à nouveau des fruits. Il ne faut pas voir uniquement les destructions et les pertes en vie humaines somme toute condamnables et regrettables dans une invasion étrangère. Il faudrait voir aussi tout les apports positifs que fait bon gré mal gré toute invasion, toute colonisation, toute occupation. Tout le bassin méditerranéen profité de l’expansion de l’Empire romaine et de sa magnifique civilisation. L’invasion de l’Ifriqiya par les Phéniciens a fait naître Carthage et son illustre Hannibal dont les tunisiens d’aujourd’hui sont si fiers !!! Les Arabes sortis d’Arabie sans grande culture au VII e siècle, le Coran dans une main et le sabre dans l’autre, ont envahi l’Iran sassanide, la Mésopotamie, la Syrie chrétienne, l’Égypte copte, et l’Afrique du Nord byzantin et les ont transformé linguistiquement et religieusement. Ils sont à l’origine de l’une des plus glorieuses civilisations de l’Humanité. Grâce à l’occupation arabe de l’Espagne, l’Europe a connu la philosophie grecque, les sciences et la médecine. Les croisades ont aussi apporté à l’Europe beaucoup de produits inconnus jusque là comme les épices. L’invasion de l’Egypte par les troupes de Napoléon au XVIII e siècle a provoqué un choc pour le pays des Pharaons et l’a réveillé de sa léthargie séculaire. Les savants qui accompagnaient Napoléon avaient en effet réalisé un travail scientifique et archéologique merveilleux dont bénéficie aujourd’hui à l’Egypte et la communauté scientifique internationale. La France, en occupant l’Afrique du Nord avait réalisé une révolution économique, sociale, et culturelle et avait construit une infrastructure (ponts, chaussés, chemin de fer, écoles, administration, patrimoine immobilier) qui a fait sortir le Maghreb de son moyen age Un pays qui n’a jamais été occupé est un pays encore au stade de la chasse et de la cueillette !!! . C’est le cas de quelques tribus africaines de la jungle qui n’ont jamais eu aucun contact avec des étrangers.
Il ne faudrait pour autant pas appeler les irakiens à accepter la présence militaire américaine sur leur sol, ni souhaiter à leur place une domination étrangère. Eux seuls décideront, encore mieux par référendum . Toutefois, ils seraient mieux inspirés de résister pacifiquement et pourquoi pas de s’entendre avec les américains et les anglais pour mieux gérer l’occupation de leur pays afin d’en tirer un maximum de profits et sortir leur pays du sous développement. Il ne sert à rien, en effet, de se suicider ni de tuer les Gi’s, ni que ceux-ci ripostent en tuant des irakiens innocents ou combattants. Il suffit juste d’employer les méthodes pacifiques comme l’avait fait le Mahatma Gandhi en Inde pour ne pas disparaître en tant que nation autonome et spécifique. L’occupation américaine de l’Irak n’est pas en effet une colonisation de peuplement, pour être irréversible et dangereuse comme la colonisation israélienne. En outre la présence militaire américaine dans un pays jusque là gouverné par la tyrannie est une garantie pour la bonne marche de la démocratie. Toutes les composantes du peuple irakien et toutes leurs tendances politiques, auront leurs droits garantis. De ce fait les femmes irakiennes sont les premières bénéficiaires. Les américains avaient en effet qui exigé et obtenu qu’au moins 25% des sièges de l’Assemblée constituante soient réservés aux femmes. Les Kurdes, pour leur part, ont bien compris l’apport de la présence américaine et les avantages qu’ils peuvent tirer de la présence de la première puissance mondiale sur leur sol, ils progressent sur la voie du développement et de la démocratie, alors que les arabes irakiens stagnent sinon font une marche arrière dans les méandres de l’Histoire.
Certes certains militaires américains avaient commis des atrocités dans la prison d’Abu-Gharib et avaient violé les droits de l’homme et la convention de Genève, mais les Etats-Unis ont, au moins, le mérité de l’avoir reconnu publiquement, d’en avoir débattu en direct dans le Congrès devant les télévisions du monde entier, d’avoir regretté leurs forfaits et demandé pardon officiellement et enfin d’avoir jugé et condamné les auteurs de ces crimes ignobles. Hormis le Maroc avec le Roi Mohamad VI qui a chargé une commission d’écouter et d’indemniser les victimes des violations des droits de l’homme de 1956 à 1999, aucun autre pays arabe, dont les médias fustigent à grand renfort les atrocités d’Abu-Gharib, n’a reconnu ses atteintes aux droits humains et qui plus est continuent de pratiquer la torture et de protéger leurs sbires et leurs tortionnaires !!!
Quoiqu’il en soit, en admettant que l’occupation anglo-américaine n’avait apporté que désastres, morts, mutilations, destructions, massacres d’innocents commis à tort ou à raison par les uns et les autres, elle aura au moins à son crédit d’avoir permis au peuple irakien de se débarrasser de ses boulets après des décennies d’esclavage « saddamien », de démagogie baasiste, de despotisme noir, de respirer l’air de la liberté, d’avoir des élections libres, de choisir leurs représentants à l’Assemblée constituante, de s’engager irréversiblement et douloureusement sur la voie de la démocratie, en somme de faire accoucher par césarienne et sans anesthésie, l’Irak de la première démocratie dans un Monde arabe plongé dans une tyrannie séculaire qui sera inéluctablement balayée un jour par l’Histoire. Toutefois la démocratie naissante en Irak, reste fragile et entourée de menaces tant la résistance à son instauration est farouche, de la part des anciens baasistes, des régimes arabes qui les aident pour faire échouer cette entreprise, de la part des islamistes rétrogrades qui fantasment d’instaurer un ordre réactionnaire et moyenâgeux. Les progressistes et démocrates arabes qui s’opposent au changement démocratique en Irak, sous prétexte qu’il est conduit par les USA, et apportent leur soutien moral contre-nature aux islamistes et aux baasistes, seraient les premières victimes d’un échec éventuel de la démocratie en Irak. L’échec du processus démocratique en Irak sonnera le glas à tout espoir démocratique réel dans le Monde arabe. De sa réussite dépend l’avenir politique de tous les pays arabes. Aidons ce processus à s’accomplir et à réussir !!!!
Paris 12 février 2005
Me. Kamel CHAABOUNI
Avocat
kamelchaabouni@yahoo.fr
LES MARTYRS DE L'IRAK SONT L ES VICTIMES CIVILES ET LES FORCES DE L'ORDRE IRAKIENNES, MAIS AUSSI LES SOLDATS AMERICAINS
En lisant le projet de constitution de la République d’Irak ( disponible surwww.alsabaah.com) j’ai eu réellement la chaire de poule et j’en ai eu les larmes aux yeux. Pour la première fois de son histoire, un peuple d’un État à majorité arabe ou arabophone, se dote d’une constitution élaborée de la manière la plus démocratique, avec les encouragements, mais sans la pression des Etats-Unis, de l‘aveu même des élus irakiens, dans les conditions les plus terribles, les plus dramatiques, les plus horribles, au son des explosions des voitures piégées, au vue du sang des victimes civiles irakiennes innocentes, dont le seul crime est de s’ être trouvées là où il ne fallait pas, au moment même où des terroristes, des criminels arabo-islamistes ont décidé de commettre leurs forfaits et de faire exploser leur voitures piégées. Stimulés dans leurs crimes ignobles par les islamistes et les criminels terroristes arabes, ou même par des intellectuels et des démocrates arabes, tunisiens et palestiniens compris.Félicitations au peuple irakien. Gloire à ses victimes innocentes par milliers dont la vie à été supprimée par des fanatiques islamistes rêvant d’instaurer un régime talibaniste, des baasistes et saddamiens rêvant de retrouver leurs privilèges et restaurer la dictature fasciste du Hitler arabe Saddam. Gloire aussi aux 1850 soldats américains, les Marines, ces vaillants soldats de la liberté qui ont arrosé de leur sang le sol de l’Irak pour sa liberté et l’instauration d’un régime démocratique. Gloire au courageux président Georges W.Bush et à son secrétaire à la défense Ramsfeld, et un grand merci au peuple et aux contribuables américains, qui grâce à leurs fonds, estimés à 200 milliards de dollars, ont permis le financement de l’émergence de la première vraie démocratie arabe.Félicitations au peuple irakien, gloire à ses martyrs simples citoyens civils, policiers et militaires et aux vaillants GI’s, qui de leur noble sang ont imbibé la constitution irakienne et arrosé le sol d’Irak, première vraie démocratie arabe de l’histoire !!!Me Kamel Ben Tahar CHAABOUNIBaghdad libérée le 23 août 2005Kamelchaabouni@yahoo.frSource: tunisnews 23aout2005
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