Par Kamel CHAABOUNI
Il a fallut quelques 16.500 victimes civiles irakiennes innocentes, selon une estimation minimale, des milliers d’enfants décapités, des milliers d’êtres humains mutilés, plus de 1400 soldats américains, britanniques et d’autres nationalités tués, 200 milliards de us dollars partis en fumée pour que voit le jour les premières élections libres et représentatives (plus de 8 millions d’irakiens y ont pris part) dans un pays arabe. Le scrutin historique du 30/01/2005 qui a eu lieu en Irak sous les auspices d’une Haute Commission électorale mise en place par l’ONU auquel ont pris part une centaine de partis politiques et environ 7000 candidats, n’a pas été entaché d’irrégularités majeures. L’objectif de ces élections était d’élire les 275 députés d’une Assemblée constituante irakienne chargée de rédiger le projet de loi fondamentale qui sera soumis ultérieurement à l’appréciation du peuple souverain par voie de référendum.
Grâce au courage de l’administration américaine et du gouvernement britannique et tout particulièrement du Président George W. Bush et du premier ministre Tonny Blair, initiateurs et moteurs de ce bouleversement historique, l’Irak sera la première démocratie dans le monde arabe moderne. Les Etats –Unis ont finalement compris, après les événements tragiques du 11 septembre 2001 dont les auteurs sont arabes, que la liberté et la démocratie dont ils jouissaient jusque là, resteraient fragiles et provisoires tant qu’elles ne sont pas consolidées par l’émergence de régimes démocratiques dans les pays arabes. La démocratie occidentale ne peut plus faire bon ménage avec les dictatures effroyables du monde arabe, qui à l’instar du régime baasiste avait gouverné pendant plus de trois décennies l’Irak par la démagogie, le despotisme, le culte de la personnalité, la répression, la négation totale des droits de l’Homme, les enlèvements de citoyens et leur exécutions sans aucune forme de procès, les charniers, l’étouffement de toute velléité démocratique et les guerres contre les Etats voisins.
Nous sommes très loin de cette formulaire lapidaire de Bob MURPHY, représentant personnel du Président ROOSVELT à Alger, qui avait déclaré en 1942 , lors du débarquement des troupes américaines en Afrique du Nord : « Nous sommes ici pour faire la guerre et non pour apprendre la démocratie aux Arabes ». (Rapportée par Saïd Mestiri, dans son ouvrage « Moncef Bey » ArcsEditions, Tunis, 1988, T.1, p.92). Cette Amérique a bel et bien changé en raison de l’attaque terroriste du 11 septembre 2001 et grâce à l’administration BUSH, tant décriée, qui a raison de penser qu’il faut impliquer effectivement les Arabes dans la lutte anti-terroriste et que cela n’est faisable qu’en permettant et en encourageant l’avènement de la démocratie et de la liberté dans le Monde Arabe. Le très démocrate Bill CLINTON n’a pas dit mieux et n’a même pas osé faire allusion à ce sujet durant son mandat. C’est donc un changement radical opéré par les USA, qu’il faut saluer et encourager !!!
Les élections irakiennes du 30/01/2005 s’inscrivent dans cette nouvelle vision de l’administration américaine. Elles ont été, en effet, un franc succès, d’abord pour le peuple irakien qui a longtemps souffert du despotisme baasiste, et par ricochet pour la cause de la démocratie dans le Monde arabe et enfin un titre de gloire pour la nouvelle politique américaine conduite par G.W.Bush, qui soutenu par le Royaume Uni contre vents et marées et face à l’hostilité internationale conduite par l’ONU, se sont opposées au projet de Bush de renverser le dictateur sanguinaire Saddam Hussein.
Il fallait être un naïf primaire pour croire à l’alibi des armes de destruction massives (AMD) déployé théâtralement par l’administration américaine afin d’atteindre son objectif et détruire la machine répressive de Saddam. Personne ne croyait plus à l’existence des AMD depuis la publication du rapport de l’enquêteur onusien Hans Bliks. Les obstructions de l’ONU et des pays européens face à la détermination de Bush de renverser le criminel Saddam n’ont servi à rien. Le président américain avait raison de tenir bon et de terminer la tâche que son père avait laissé inachevée en 1991. Bush ainsi, que son secrétaire à la défense Ramsfeld voulait coûte que coûte attaquer Saddam et détruire son régime baasiste tyrannique. Il leur fallait un prétexte, il n’y avait pas mieux que la prétendue existence d’armes de destruction massives. Ils s’en sont servis à bon escient.
Comme à chaque fois que les Etats-Unis font la guerre dans un pays contre son régime tyrannique, la majorité des observateurs suivie par l’opinion publique arabe crient haut et fort que les USA cherchent par là à mettre main basse sur le pétrole du pays attaqué. Je l’ai entendu, à propos de la Somalie en 1992, quand l’administration américaine de l’époque était intervenue militairement pour empêcher les clans armés somaliens rivaux de détourner à leurs profits les aides alimentaires internationales. Dans le conflit survenu en ex-Yougoslavie, on prétendait que les américains cherchaient à faire passer une pipe line de pétrole par ce pays. Personne ne voulait croire en la bonne foi des américains qui étaient les seuls à intervenir pour arrêter le massacre perpétré par les Serbes contre les bosniaques!!!! Les observateurs arabes et leurs médias, qui ne sont libres dans nos pays que pour critiquer les USA et alimenter la haine anti-américaine des peuples arabes, ont réédité leur exploit à l’occasion de l’invasion américaine de l’Afghanistan et la destruction du sinistre régime moyenâgeux des talibans. Décidément nos observateurs et autres intellectuels voient du pétrole partout et s’opposent à tout changement historique fusse-t-il démocratique et libérateur !!!
Certaines personnes ont la mémoire courte, d’autres plus jeûnes ignorent simplement le combat et les sacrifices endurés par les Etats-Unis pour la liberté et la démocratie dans le monde. Il faudrait peut-être leur rafraîchir la mémoire. Déjà dans la première guerre mondiale les américains ont soutenu les alliés contre l’expansionnisme de l’Axe. C’est encore les américains qui ont porté secours aux pays européens envahis par les troupes de l’Allemagne nazie. C’est grâce au combat des américains durant la guerre froide contre le pseudo communisme de l’URSS et la tyrannie fasciste de Staline que le monde doit sa liberté. Sous Clinton les USA ont porté secours à la Somalie meurtrie et affamée Ils étaient aussi les seuls à secourir le peuple bosniaque musulman, exterminé par le régime serbe de Milosevic encouragé dans son entreprise par la passivité européenne, libérant par la même les peuples de l’ex-Yougoslavie de leur despote. Après les événements tragiques et criminels du 11 septembre 2001 l’Amérique de Bush a débarrassé non seulement l’Afghanistan mais la terre entière d’un régime moyenâgeux et tyrannique. Tout récemment les Etats-Unis ont déployé 13000 soldats et une importante logistique pour secourir les rescapés de la catastrophe humaine du Tsunami. Tous les peuples de la terre ont profité du génie de cette grande puissance. L’Internet et l’informatique que certains terroristes irakiens utilisent pour montrer leur barbarie, sont une invention américaine et profitent sans contrepartie significative à l’humanité entière. Faut-il rappeler qu’au crédit des USA il y a le soutien à l’indépendance de la Tunisie et leur opposition à l’agression tripartite contre l’Egypte de Nasser en 1956.
Seul zone d’ombre, la sympathie des USA pour le coup d’Etat fasciste de Pinochet au Chili en 1973 et son soutien continu et inconditionnel à Israël. Le bilan de la guerre du Vietnam est plus mitigé car il s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le communisme et intervient dans le cadre de la guerre froide.
La dernière en date des actions à l’honneur des USA sous Bush, bien qu’on regrette les pertes de vie humaines, fut la libération de l’Irak et son peuple du régime tyrannique de Saddam Hussein. En effet les deux raisons réelles et principales qui ont déterminé Bush à attaquer l’Irak étaient d’abord de mettre fin aux menaces supposées ou réelles du régime baasiste contre tous les petits Etats de la région et principalement contre Israël ; ensuite de sécuriser l’acheminement du pétrole vers l’Occident et principalement vers les USA. Il ne s’agissait pas en fait de spolier l’Irak de son pétrole, comme le prétendaient les simplistes, mais de le mettre entre des mains responsables, dans un Irak pacifié et normalisé qui ne ferait pas d’obstructions à la bonne marche de l’économie mondiale et ce moyennant un prix raisonnable du marché, il en va du prix des produits manufacturés importés des pays développés. Toute augmentation irraisonnée du prix du pétrole se répercute immédiatement en effet sur les importations.
Tous ceux qui, relayés par opinion publique naïve prétendaient que les américains, en envahissant l’Irak avait pour objectif de mettre la main sur la deuxième réserve du pétrole du monde se trompent pour le moins!!! Les Etats-Unis, vont-ils voler le pétrole d’Irak ? Vont-ils l’avoir gratuitement ? Si cela était le cas pourquoi ne le feraient-ils pas avec le pétrole saoudien ou celui des pays du golfe qui sont leurs alliés inconditionnels ? Les américains se servent-ils gratuitement dans le pétrole de l’Arabie ? D’où viennent les capitaux qui ont permis à ce pays de passer d’un Etat désertique à un pays riche et prospère ? Aucun pays, à ma connaissance ne s’est plaint de n’avoir pas été payé pour ses livraisons de pétrole aux USA !!! N’existe-t-il pas non plus un ministère irakien du pétrole dirigé et contrôlé par un homme intègre et compétent, Thameur Ghodban un homme du domaine du temps même de Saddam ? D’où viennent aussi les fonds (5 milliards de us dollars) déposés par l’Irak récemment dans la Réserve Fédérale américaine? D’autre part si les USA veulent spolier
L’Irak, pourquoi ont-ils contraints les pays créanciers de ce dernier à effacer une dette estimée à 100 milliards de us dollars léguée par Saddam, dette qui a servi à financer sa passion pour les guerres et ses envies de palais ?
En fait, si en attaquant contre vents et marées, le régime de Saddam, Bush visait deux objectifs qui lui sont propres : sécuriser l’approvisionnement des USA en pétrole et assurer la sécurité stratégique d’Israël, le courageux Président américain avait objectivement oeuvré pour la cause de la démocratie en Irak en particulier, et dans le Monde arabe en général. En détruisant ce régime honnis, M. Bush ne pouvait permettre son remplacement par un autre régime despotique ni remettre à la tête de l’Etat irakien un nouveau dictateur. Le seul choix possible pour l’administration américaine était donc la démocratie et des élections libres pour l’Irak. Comment mettre en cause la sincérité du président Bush alors qu’il avait déclaré, être prêt à accepter les résultats des élections en Irak, qu’elle qu’en soit l’issue, fussent-elles au profit des islamistes !!! Le scrutin du 30/01/2005 a montré que Bush avait tenu parole, c’est en effet le courant de l’Ayatollah Ali Al-Sistani qui l’a emporté. Les élections n’ont pas connues de fraudes majeures pour la bonne raison que, le protégé même des américains, M. Iyad Allawi est en troisième position avec un score de moins de 20%!!!
En détruisant le régime de Saddam pour des raisons subjectives qui servent les intérêts économiques et stratégiques des USA exclusivement, le président Bush a servi les intérêts objectifs de l’Irak en faisant sauter l’un des maillons forts de la tyrannie arabe et en permettant à l’un de ses peuples d’avoir les premières élections libres de leur histoire. Quoi qu’il en soit, les USA ont fait pénétrer de force le Monde Arabe, après les élections irakiennes du 30 janvier 2005, dans une nouvelle ère pleine d’espoir, celle de la démocratie et de la liberté. Le vent a tourné en effet contre les régimes arabes despotiques qui, dans leur majorité, ont accueilli dans le silence absolu le succès des élections irakiennes qui préfigurent l’instauration d’un régime démocratique en Irak. Ces régimes, faux alliés des Etats-Unis, doivent se demander ce qui a pris leur protecteur d’hier pour faire accoucher l’Irak d’un régime démocratique !!! Il faut encourager fortement ce changement majeur dans la stratégie américaine et féliciter le Président Bush d’en avoir compris la nécessité et de l’avoir initié. La résistance acharnée à ce processus historique devenu inéluctable, même si elle se fait dans la violence, le sang, les mutilations, le veuvage et l’orphelinat, est vaine et va contre la marche de l’histoire, c’est un lourd tribut à payer pour la démocratie et la liberté.
Toutefois si la « résistance irakienne » dispose d’une certaine légitimité, en attaquant les militaires américains, au nom du droit des peuples à résister à l’occupation étrangère, elle s’est disqualifiée complètement en s’attaquant aux ressortissants étrangers, en prenant pour otages les journalistes, des diplomates tous innocents, en égorgeant des otages comme des moutons, en assassinant des dignitaires religieux shiites et des hommes politiques irakiens. Le comble a été le massacre de fidèles à la sortie leurs mosquées le jour de l’Aïd et le mitraillage de gens paisibles venues acheter leur pain dans une boulangerie. Une quelque soient les circonstances, doit avoir une éthique, on ne peut faire tout et n’importe quoi au nom de la résistance !!!! Ayant perdu toute morale humaine encore moins islamique, ne respectant aucun droit, la dite « résistance » irakienne dévoile son vrai visage haineux et barbare et annonce les massacres potentiels qu’elles est capable de commettre par millions si jamais les américains se retirent d’Irak et que le pouvoir leur échoit. Les dizaines de morts qu’elle provoque tous les jours avec ses voitures piégées, ses attentats suicides qui visent les militaires et les policiers irakiens ainsi que les civils chiites en particulier annoncent la couleur de leur programme encore pire que celui du régime baasiste. Cette « résistance» ne souhaite pas le rétablissement ni de la sécurité ni de la paix en Irak sous prétexte que l’Irak est occupé, et que les forces de l’ordre sont des fantoches aux mains des américains. Elle veut ni plus ni moins reprendre le pouvoir par la violence, le terrorisme et les massacres en provoquant une guerre civile entre chiites et sunnites afin de contraindre les américains à se retirer d’Irak, ce qui entraînera inéluctablement la sécession du Kurdistan qui va se tirer d’affaire en créant son propre Etat démocratique, alors que les arabes replongeront dans le despotisme et la dictature.
Hétéroclite et diverse la « résistance » irakienne est en effet principalement composée d’anciens baasistes dépouillés de leurs privilèges et de leurs rémunérations par les américains, d’anciens militaires, gardes républicains (environ 400.000) et autres agents de police politique et tortionnaires irakiens démobilisés. Elle comporte aussi, des islamistes fanatiques benladénistes et salafistes, sans oublier différentes bandes de criminels et d’assassins élargis par Saddam et dont le désordre constitue un vivier idéal pour leurs entreprises criminelles.Cette « résistance » irakienne est sans programme politique clair ou du moins elle ne veut pas avouer sa volonté de rétablir l’ancien régime baasiste ou un régime théocratique arriéré et moyenâgeux en Irak !!!
Tous ces criminels que certains regroupent facilement voire naïvement sous le vocable de
« résistance » s’entraident mutuellement et se prêtent main forte. Des témoignages nous sont parvenus que des criminels de droit commun prennent des otages étrangers et les revendent carrément aux groupuscules politiques qui les utilisent comme moyen de propagande pour se faire connaître ou mettre la pression sur les forces de la Coalition avec des méthodes horribles, sauvages et inhumaines filmées et diffusés sur Internet et certaines chaînes de télévision arabes complices.
Quant à tous ceux qui demandent la fin immédiate de l’occupation de l’Irak et l’évacuation des troupes multinationales, ils sont soit stupides soit mal intentionnés. L’Irak n’est pas en mesure d’assurer sa propre sécurité intérieure ou extérieure, ni d’assurer son intégrité territoriale. En effet la police est encore peu entraînée et insuffisante, la nouvelle armée irakienne n’est pas encore efficiente et bien entraînée pour faire face à des groupuscules armés bien déterminés. Le départ précipité des troupes américaines et anglaises leur fournira l’occasion de sauter sur le pouvoir et de rentrer en triomphe à Bagdad afin d’installer un régime islamiste despotique, salafiste et moyenâgeux. Par ailleurs le départ précipité des américains de l’Irak, entraînerait la partition de l’Irak. Une invasion turque par le nord et une invasion iranienne par l’est seront inéluctables. la Turquie pour empêcher la naissance d’un Etat kurde dont elle craint les conséquences et l’Iran pour prêter main forte aux shiites afin d’imposer un régime qui lui soit proche et favorable.
Je suis sûr que les irakiens dans leur majorité aimeraient que les Américains, s’attellent à la tache de la reconstruction de l’Irak au lieu de s’occuper à assurer leur défense. Les Etats-Unis avaient l’intention de le faire, moyennant finances et approvisionnement en pétrole certes, mais les attaques répétées contre leurs soldats les ont détourné de cette tâche. Les américains et les anglais disposent de moyens et de capitaux considérables qui permettront en temps réduit de reconstruire les infrastructures économique et sociale de l’Irak et l’aider à devenir une nation riche et prospère.
Que l’on ne m’objecte pas que les américains veulent spolier l’Irak de son pétrole !!! Le peuple irakien a-t-il jamais profité des retombés de son pétrole ? Saddam n’a-t-il pas usé et abusé des pétrodollars pour financer sa folle et vaine guerre contre l’Iran qui a duré huit ans, son invasion du Kuwayt, ses achats massifs d’armes, la construction de centrales nucléaires aussitôt détruites par Israël, sans qu’il ose pratiquer son droit à la riposte !!! Sans oublier ses innombrables châteaux et le gaspillage du trésor public par ses deux rejetons Ouday et Qousay ???
Que vaut le pétrole par rapport à la liberté et à la démocratie dont les Irakiens jouissent depuis l’invasion américaine ? Peut-on cracher à la figure d’un horrible criminel, à supposer que les américains le soient, qui vient ouvrir la porte de votre cellule où vous avez été injustement incarcéré ou bien le remercier pour vous avoir offert la liberté ?
Le peuple irakien jouit en effet, aujourd’hui d’une liberté d’expression, d’une multitude de partis politiques, de radios libres, de chaînes de télévision, de quotidiens, près de 200, de liberté de manifester, de faire grève sans égale dans le Mode arabe !!!. Paradoxalement, les journalistes s’autocensurent non par crainte du nouveau gouvernement provisoire irakien mais bien par peur des représailles des groupuscules armés.
Quant à l’invasion militaire de l’Irak par les Etats-Unis, c’est Saddam, sa famille et leur parti Baas à leurs pieds qui en sont les principaux responsable !!! Têtu et stupide comme il est, Saddam n’avait pas tiré les leçons de la première guerre du Golfe. Pour la petite histoire, si Bush père l’avait épargné, Bush fils ne voulait plus de lui pour continuer à faire fouler le portrait de son père par les clients des hôtels al-Rachid ou de Palestine. Croyait-il que le président américain plaisantait en lui ordonnant de quitter l’Irak dans les 48 heures avant de l’attaquer avec son armada ? Saddam rêvait-il de pouvoir vaincre les USA, première puissance économique, militaire et technologique mondiale ? Pourquoi Saddam n’avait-il pas profité des 13 ans d’embargo pour redorer son blason, réformer son régime politique, organiser des élections libres, et instaurer la démocratie fusse-t-elle sous son contrôle ?
Quoiqu’il en soit, que les irakiens se consolent, les peuples du monde entier ont connu les invasions étrangères, et les occupations par d’autres peuples, certains Etats ont été détruits, d’autres sont nés. Le phénomène colonial et les invasions militaires n’échappent pas au principe de la dualité, tous les phénomènes ont leur bon et leur mauvais cotés. Le phénomène colonial et les invasions étrangères ne sont-elles pas des apports nécessaires, inéluctables et imparables, une levure en quelque sorte indispensable à un pays dont la pâte « civilisationnelle » ne veut plus se lever ? L’exemple de la colonisation française en Afrique du Nord et en Afrique noire nous éclaire sur les retombées bénéfiques d’une présence étrangère. Un pays, un Etat ne se fait envahir qu’à un moment d’extrême faiblesse, quand il est au creux de la vague de sa civilisation, quand il devient incapable de se régénérer. C’est le cas de l’Irak sous le parti Baas et surtout sous Saddam. L’intervention étrangère agit alors comme une greffe sur une plante. Elle la régénère et lui permet d’avoir une nouvelle vie et de donner à nouveau des fruits. Il ne faut pas voir uniquement les destructions et les pertes en vie humaines somme toute condamnables et regrettables dans une invasion étrangère. Il faudrait voir aussi tout les apports positifs que fait bon gré mal gré toute invasion, toute colonisation, toute occupation. Tout le bassin méditerranéen profité de l’expansion de l’Empire romaine et de sa magnifique civilisation. L’invasion de l’Ifriqiya par les Phéniciens a fait naître Carthage et son illustre Hannibal dont les tunisiens d’aujourd’hui sont si fiers !!! Les Arabes sortis d’Arabie sans grande culture au VII e siècle, le Coran dans une main et le sabre dans l’autre, ont envahi l’Iran sassanide, la Mésopotamie, la Syrie chrétienne, l’Égypte copte, et l’Afrique du Nord byzantin et les ont transformé linguistiquement et religieusement. Ils sont à l’origine de l’une des plus glorieuses civilisations de l’Humanité. Grâce à l’occupation arabe de l’Espagne, l’Europe a connu la philosophie grecque, les sciences et la médecine. Les croisades ont aussi apporté à l’Europe beaucoup de produits inconnus jusque là comme les épices. L’invasion de l’Egypte par les troupes de Napoléon au XVIII e siècle a provoqué un choc pour le pays des Pharaons et l’a réveillé de sa léthargie séculaire. Les savants qui accompagnaient Napoléon avaient en effet réalisé un travail scientifique et archéologique merveilleux dont bénéficie aujourd’hui à l’Egypte et la communauté scientifique internationale. La France, en occupant l’Afrique du Nord avait réalisé une révolution économique, sociale, et culturelle et avait construit une infrastructure (ponts, chaussés, chemin de fer, écoles, administration, patrimoine immobilier) qui a fait sortir le Maghreb de son moyen age Un pays qui n’a jamais été occupé est un pays encore au stade de la chasse et de la cueillette !!! . C’est le cas de quelques tribus africaines de la jungle qui n’ont jamais eu aucun contact avec des étrangers.
Il ne faudrait pour autant pas appeler les irakiens à accepter la présence militaire américaine sur leur sol, ni souhaiter à leur place une domination étrangère. Eux seuls décideront, encore mieux par référendum . Toutefois, ils seraient mieux inspirés de résister pacifiquement et pourquoi pas de s’entendre avec les américains et les anglais pour mieux gérer l’occupation de leur pays afin d’en tirer un maximum de profits et sortir leur pays du sous développement. Il ne sert à rien, en effet, de se suicider ni de tuer les Gi’s, ni que ceux-ci ripostent en tuant des irakiens innocents ou combattants. Il suffit juste d’employer les méthodes pacifiques comme l’avait fait le Mahatma Gandhi en Inde pour ne pas disparaître en tant que nation autonome et spécifique. L’occupation américaine de l’Irak n’est pas en effet une colonisation de peuplement, pour être irréversible et dangereuse comme la colonisation israélienne. En outre la présence militaire américaine dans un pays jusque là gouverné par la tyrannie est une garantie pour la bonne marche de la démocratie. Toutes les composantes du peuple irakien et toutes leurs tendances politiques, auront leurs droits garantis. De ce fait les femmes irakiennes sont les premières bénéficiaires. Les américains avaient en effet qui exigé et obtenu qu’au moins 25% des sièges de l’Assemblée constituante soient réservés aux femmes. Les Kurdes, pour leur part, ont bien compris l’apport de la présence américaine et les avantages qu’ils peuvent tirer de la présence de la première puissance mondiale sur leur sol, ils progressent sur la voie du développement et de la démocratie, alors que les arabes irakiens stagnent sinon font une marche arrière dans les méandres de l’Histoire.
Certes certains militaires américains avaient commis des atrocités dans la prison d’Abu-Gharib et avaient violé les droits de l’homme et la convention de Genève, mais les Etats-Unis ont, au moins, le mérité de l’avoir reconnu publiquement, d’en avoir débattu en direct dans le Congrès devant les télévisions du monde entier, d’avoir regretté leurs forfaits et demandé pardon officiellement et enfin d’avoir jugé et condamné les auteurs de ces crimes ignobles. Hormis le Maroc avec le Roi Mohamad VI qui a chargé une commission d’écouter et d’indemniser les victimes des violations des droits de l’homme de 1956 à 1999, aucun autre pays arabe, dont les médias fustigent à grand renfort les atrocités d’Abu-Gharib, n’a reconnu ses atteintes aux droits humains et qui plus est continuent de pratiquer la torture et de protéger leurs sbires et leurs tortionnaires !!!
Quoiqu’il en soit, en admettant que l’occupation anglo-américaine n’avait apporté que désastres, morts, mutilations, destructions, massacres d’innocents commis à tort ou à raison par les uns et les autres, elle aura au moins à son crédit d’avoir permis au peuple irakien de se débarrasser de ses boulets après des décennies d’esclavage « saddamien », de démagogie baasiste, de despotisme noir, de respirer l’air de la liberté, d’avoir des élections libres, de choisir leurs représentants à l’Assemblée constituante, de s’engager irréversiblement et douloureusement sur la voie de la démocratie, en somme de faire accoucher par césarienne et sans anesthésie, l’Irak de la première démocratie dans un Monde arabe plongé dans une tyrannie séculaire qui sera inéluctablement balayée un jour par l’Histoire. Toutefois la démocratie naissante en Irak, reste fragile et entourée de menaces tant la résistance à son instauration est farouche, de la part des anciens baasistes, des régimes arabes qui les aident pour faire échouer cette entreprise, de la part des islamistes rétrogrades qui fantasment d’instaurer un ordre réactionnaire et moyenâgeux. Les progressistes et démocrates arabes qui s’opposent au changement démocratique en Irak, sous prétexte qu’il est conduit par les USA, et apportent leur soutien moral contre-nature aux islamistes et aux baasistes, seraient les premières victimes d’un échec éventuel de la démocratie en Irak. L’échec du processus démocratique en Irak sonnera le glas à tout espoir démocratique réel dans le Monde arabe. De sa réussite dépend l’avenir politique de tous les pays arabes. Aidons ce processus à s’accomplir et à réussir !!!!
Paris 12 février 2005
Me. Kamel CHAABOUNI
Avocat
kamelchaabouni@yahoo.fr
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